Les esclaves étaient dans leur captivité privés de toute identité culturelle. Mélangés à des esclaves de tribus différentes, ils ne pouvaient pas parler leur langue natale ni perpétuer leur croyances et traditions. Les colonisateurs les forçaient à parler portugais, construire des églises catholiques et d’y aller prier. Si certains se sont laissés convertir, la plupart ont gardé leurs croyances animistes et fétichistes, profondément ancrées chez beaucoup d’africains. Sur ce sujet, j’ai trouvé passionnant tous les aspects de cette culture fétichiste, décris très précisément dans le livre Ségou de Maryse Condé qui relate sous forme romancée une partie de l’histoire du Mali. Les africains de l’ancien Soudan français, avant d’être islamisés, étaient polythéistes et vivaient constamment en relation avec leurs dieux et leurs ancêtres. Sous forme d’offrandes, de rituels, de rêves et de transes, ils communiquaient avec eux et leur demandaient toujours conseil avant d’agir.
Le Candomblé a été un moyen pour les esclaves africains de se rassembler et de perpétuer leurs croyances en des dieux puissants et omniprésents. La religion est basée sur les orixás, qui comme les dieux grecs, ont des personnalités et des histoires différentes. Chaque personne est caractérisée par un seul dieu, qui va constamment la surveiller et l’influencer dans sa vie quotidienne. Les pratiquants de Candomblé, pour plaire à leur orixá, procèdent régulièrement à des offrandes en tout genre : parfums et fleurs pour la déesse Yemanjá, miel et colliers pour le dieu Oxúm, ou même des cigarettes et de l’alcool de cachaça pour le dieu Exú. Pendant les processions, les pratiquants s’habillent dans les couleurs de leur orixá, et s'ornent souvent d'accessoires tels colliers, bracelets etc. Sous le rythme des tambours et les chants du maitre de cérémonie, les pai ou mãe de santo, certains rentrent en transe, leur corps et esprit possédés par leur orixá.