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Laurent
Les transports à la cubaine - Histoires de voyage
L'Expédition / Amerique Centrale / Cuba / 'Les transports à la cubaine'
Del et sa copine
Se déplacer à Cuba n’a pas été une mince affaire. Entre trains à petite vitesse, auto-stop, camions, bus bondés et voitures à cheval, nous en avons eu plein la vue.
  
Le voyage interminable en train

On a plus de 5 heures à tuer dans le train. Même un peu plus d’ailleurs, car faute de locomotive nous avons dû attendre 2 heures et demie avant de partir. Cette scène n’a pas manqué de nous rappeler notre voyage de 3 jours dans le train Bamako -> Dakar en Afrique, où aussi nous avions dû attendre une locomotive pendant … plus de 8 heures.

Nous sommes dans le train inter-regional Morón -> Santa Clara, et avons devant nous environ 150kms à parcourir. A l’arrivée du train dans la gare, comme il est de coutume dans toute queue cubaine qui se respecte, tout le monde se bat des coudes pour entrer en premier dans le train et trouver un siège à l’intérieur. Plus intelligents que les cubains qui montent quasiment tous dans la première voiture, nous marchons directement à l’arrière du train et nous asseyons tranquillement.
Vue sur les paysages
Les sièges cabossés
Dans le couloir, c’est le défilé des vendeurs ambulants. Glaces, bonbons, galettes, bobines de fil, pots en plastique, on voit de tout. Ces vendeurs sont sans relâche. Ils parcourent non-stop le train d’un bout à l’autre, et ce jusqu'à épuisement total des marchandises. Certains ont marché pendant les 8 heures du trajet !!! D’autres se carburent au rhum, et pris dans leur élan d’enthousiasme crient de plus en plus fort, ‘un caramelo por un pesooooooOOOOOOOO !! ’. De quoi faire grincer les dents de Delphine.
Comme à la plage, tous les détritus, canettes, sachets, bâtonnets ou autre sont jetés à même le sol ou par dessus les fenêtres. Les cubains manquent cruellement de bonnes manières à ce sujet. Fidel, si tu nous lis, nous te conseillons de remplacer quelques panneaux de propagande politique par des annonces éducatives d’écologie.

Le train est très lent et les arrêts fréquents. Pour varier les plaisirs de l’attente, je quitte mon siège et je m’assoie sur la marche de la porte de sortie, et je regarde défiler le paysage. Sympa. Je m’imagine sauter du train, courir à ses côtés et remonter dessus quelques centaines de mètres plus loin. Cap ou pas cap ? Je ne tenterai pas l’expérience.

Nous arriverons à Santa Clara en pleine nuit, désabusés par l’attente interminable et les 3 heures de retard supplémentaires accumulés pendant le voyage. Nous aurons mis au final 10h30 pour faire 150 kms !

Il est 23h, et nous attaquons maintenant la prochaine épreuve : trouver une casa particular pas chère…
A l’intérieur du train, un vrai décor de film des années 40. Je ne sais pas si la déco est meilleure que dans les trains d’Afrique ou de Bolivie que nous avions pris plus tôt cette année, mais ce train cubain marque des bons points dans les catégories ‘vieux’, détraqué’, et ‘à l’arrache’. Par terre, le sol est jonché d’ordures (nos amis cubains ne sont pas plus propres que nos amis africains). Les sièges en fer et résine sont complètement cabossés et prennent tous des formes différentes. L’assise est TRES inconfortable et on se demande comment nous tiendrons plus de 5 heures dans de telles conditions. Il y a plus de passagers que de sièges, des gens debout et assis par terre, et notamment au niveau des portes d’accès (qui n’ont d’ailleurs pas de portes !). Delphine est assise derrière moi conformément à notre tactique ‘anti-repérage’ (voir notre article Astuces de routard pour voyager à Cuba). Sa voisine pue, est volumineuse, et très poilue au niveau des cuisses. Elle vient d’ailleurs d’étendre son bras derrière le cou de Delphine, exposant ses aisselles sous ses narines. Je sens Delphine bouillonner.

Il fait une chaleur à crever, et nous dégoulinons de transpiration.
Rentrons dans le vif du sujet : le réseau de transport public cubain est cruellement insuffisant. Du coup, beaucoup se retrouvent sur le bord de la route à hacer la botella, ou faire du stop en langage cubain. Ce système étant une pratique courante, un bon pourcentage de voitures/camions s’arrêtent pour embarquer des passagers. L’inconvénient par contre est que la concurrence entre stoppeurs est rude, et il faut souvent batailler des coudes pour réussir à rentrer dans une voiture arrêtée.

Les amarillos (litt. : les jaunes), ces hommes ou femmes revêtus d’une grande combinaison jaune, sont employés par l’Etat pour réguler le système d’auto-stop. Placés à la sortie des villes et villages, ils sont censés arrêter les véhicules, leur demander leur destination, et faire respecter l’ordre de passage des auto-stoppeurs en fonction de leur temps d’attente. Ce système apparemment bien organisé est en pratique rarement efficace et n’a fait qu’augmenter notre frustration. Nous avons vu la plupart des amarillos glander sur un siège à l’ombre, papoter sans trop porter d’intérêt à la circulation, et grogner quand on osait leur poser des questions ou tenter de leur faire faire leur travail. Résultat : nous avons dû pour chaque attente jouer des coudes à l’arrivée de chaque voiture.
Imaginez un bord de route régionale. Il fait un soleil de plomb, plus de 35degC à l'ombre, votre peau est collante de transpiration. Autour de vous une trentaine de cubains qui attendent la même chose que vous : un véhicule pour les emmener 80kms plus loin. Le temps passe, le temps passe, doucement. Les voitures sont rares. Il fait très chaud, et on a envie de s'endormir tellement l'attente est longue. Quand par miracle une voiture ou un camion s'arrête, c'est la cohue, une bataille acharnée entre 30 auto-stoppeurs qui se ruent en même temps sur le conducteur. Certains ne lui parlent d'ailleurs même pas, et montent directement dans la voiture.

[Une scène qui ressemble étrangement à celles que nous avons vécues à l'entrée des magasins, des boulangeries ou stands de bouffe. Comme si les cubains avaient peur de mourir de faim ou de ne jamais pouvoir se déplacer, ils se ruent toujours pour s'arracher les premières places. Surement un reste d'habitude des périodes difficiles.].

Quand la voiture repart, on recommence à zéro et on attend la prochaine qui va s'arrêter. Le temps passe, le temps passe. La chaleur est accablante. On attend, jusqu'au prochain événement. Soudainement surgit de nulle part un groupe de 10 cubains qui viennent s'ajouter au tas existant d'auto-stoppeurs. ARRRGGHH !! Dans ces cas là, on prend sur soi, on se résigne et on continue a se battre. Hasta la victoria siempre comme dirait le Che (jusqu'à la victoire, toujours).
Les journées auto-stop

En quatre semaines, nous avons passé 5 journées complètes à faire du stop. Ces journées étant TRES galère et éprouvantes, nous les avons organisées de manière à ce qu’elles soient le plus rares possible. L’objectif de la journée était donc d’aller le plus loin possible.

Nous avons beaucoup souffert, mais la récompense en valait toujours la peine. De ‘grosses’ économies d’argent dans notre budget transport, et donc un budget plus conséquent pour le reste de nos activités : la bouffe. Pour chaque journée de stop, nous économisions environ 30 CUC (25€), soit 720 pesos ou 124 pizzas au fromage, 62 pizzas au jambon-fromage, 720 jus frais ou 720 glaces à l’italienne. Bref. Connaissant notre gourmandise, vous comprenez bien que nos journées galères étaient nécessaires.
Camion où les passagers sont entassés comme des boeufs
Del dans l'arrière d'un camion découvert
Les véhicules n’effectuant que de petits trajets de maximum 100kms, nous devions segmenter nos journées en plusieurs étapes, et donc faire du stop à plusieurs endroits stratégiques. A la fin de la journée, nous étions généralement lessivés !!


Ci dessous un exemple de journée marathon :


Matanzas -> Sancti Spiritu, le 17 Aout 09
  
  • Départ 07h00, arrivée 20h30 (total : 13h30 de voyage)
  • Bus (20 minutes)
  • Marche (25 minutes)
  • Attente (30 minutes)
  • Auto-stop en voiture (1 heure)
  • Attente (3 heures)
  • Auto-stop en camionnette (1.5 heures)
  • Marche (45 minutes)
  • Bus (5 minutes)
  • Attente (1 heure)
  • Taxi commun (30 minutes)
  • Attente (3 heures)
  • Bus pour cubain (1.5 heures)
  • Ouf !! Nous arrivons exténués...
Nous avons aussi fait des rencontres sympas, plus généralement dans les trajets petites distances pour aller de notre ville à la plage. Nestor, un cubain d'une trentaine d’années nous a conduits sur les 50kms qui reliaient Morón à l’ile paradisiaque de Cayo Coco. Il nous a même proposé de nous inviter à déjeuner !

Nous nous rappellerons aussi de Dan, Tiphaine et leurs deux adorables filles Garance et Léonie, cette sympathique famille française pour qui nous dédions un CLIN D’OEIL spécial !! Nous les rencontrons pour la première fois en tant que voisins de palier dans notre casa particular de Remedios. Puis le lendemain, totalement par hasard, sur la route quand nous faisions du stop dans un autre village à 15kms de la casa. Ils nous embarquent dans leur voiture et nous emmènent sur l’ile de Cayo Santa Maria, où nous avons passé la journée ensemble avant de retourner … à la maison !

Le surlendemain, ils nous proposent de nous emmener dans la ville de Santa Clara, notre prochaine destination. Nous sommes touchés par leur gentillesse et nous acceptons volontiers. Ce n’est pas tous les jours que nous rencontrons des touristes sympas et aussi généreux ! Dans la voiture nous parlons de Cuba, de la France, et aussi de voyage. Après avoir écouté leurs périples en Polynésie l’année dernière, nous sommes encore plus excités à l’idée de nous y rendre pendant notre traversée du Pacifique !
Dan, Tiphaine et leurs deux filles Garance et Léonie. Sur la place principale de Santa Clara
Une amarillo régulant une montée sur un camion
Laurent attend qu'une voiture passe (nous attendrons 6 heures ce jour ... avant d'abandonner)
Del dans une benne de camion
Le dernier voyage, notre plus grosse galère

Pour notre dernier transfert, le 25 Aout, nous devions parcourir 270 kms de Santa Clara à La Havane. Avec l’expérience acquise tout au long des 3 dernières semaines, nous pensions que ce voyage en auto-stop allait être facile, d’autant plus que les deux villes sont connectées tout le long par une autoroute à 3 voies.

La journée a été en réalité une véritable galère, qui en plus de nous avoir fait perdre une journée entière nous a couté très très cher : 40 CUC (35€), soit 960 glaces à l’italienne ou 480 pizzas jambon-fromage.

Santa Clara -> La Havane, le 25 Aout 09
  
  • Départ 06h00, arrivée 20h30 (total : 14h30 de voyage)
  • Marche jusqu’au point amarillo de l’autoroute (1 heure)
  • Attente d’une voiture en stop (6 heures (!!!))
  • Abandon du stop
  • Marche jusqu'à la gare routière (1 heure)
  • Abandon de la solution bus (complets pour deux jours)
  • Marche jusqu'à la gare ferroviaire (45 minutes)
  • Abandon de la solution train (complets pour deux jours)
  • Rencontre de deux autres français dans la même situation que nous
  • Attente (1 heure)
  • Taxi privé à 4 jusqu'à la Havane (4 heures)

Quelle galère ! Nous avons cependant fait la rencontre de deux français très sympathiques : Elisabeth et Julien, jeunes profs d’Histoire/Géo ‘expatriés’ en Guadeloupe depuis un an. Nous nous sommes tellement bien entendus que nous avons partagé la même casa particular à La Havane pendant nos 4 derniers jours.
Del, Elisabeth et Julien sur la banquette arrière de notre taxi privé pour La Havane