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L'Expédition / Amerique du Sud / Bolivie / 'Potosi - Les mines de l'enfer'

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Potosi, les mines de l'enfer

Visite des mines le 02 Juillet 2009

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Laurent

Au début de notre voyage, nous avions visité des mines de diamants en Afrique du Sud. Quelques mois plus tard, nous foulions la ‘route de l’or’ dans le sud du Brésil, et juste avant nous nous ébahissions devant les diamants d’un bijoutier de luxe à Rio. Aujourd’hui, nous venons tout juste de visiter la plus grande mine d’argent jamais découverte au monde. A Potosi, sur l’altiplano bolivien.


Selon la légende, la ‘montagne riche’ (cerro rico) a été découverte par un berger incas au début du XVIème siècle. Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que les conquistadors espagnols commencent à exploiter les filons du cerro, au moment où ils venaient juste d’écraser l’empire incas et de vider leurs mines d’or au Pérou.


Les premiers tunnels ont été creusés vers 1545. Aujourd’hui, plus de 450 ans après, 5000 mineurs y travaillent encore et espèrent toucher le jackpot. Bien que la montagne soit plus trouée qu’un gruyère et que l’Etat ait abandonné la mine pour improductivité depuis déjà 20 ans, les habitants de Potosi s’obstinent, et cela malgré des conditions de travail et de sécurité dégradantes. J’ai été choqué d’apprendre que plus aucun ingénieur n’y travaille. Les mineurs, qui travaillent maintenant sous forme de coopérative, creusent, creusent et creusent obstinément à coups de dynamites, sans réellement se préoccuper de savoir si les galeries ne risquent pas de s’effondrer. Cette idée ne m’a pas rassuré durent la visite de la mine !!

'Les mines de Potosi - la descente aux enfers'


Potosi, Bolivie, Juin 09

En s’intéressant à l’Histoire, on ne peut que se sentir honteux et dégoutés de ce que les conquistadors espagnols ont fait subir aux populations autochtones. Sans parler de la conquête du territoire et de l’extermination de nombreuses ethnies et communautés, l’Espagne, pour s’enrichir à outrance, a envoyé à la fournaise des millions d’indiens dans les mines. Travaillant dans des conditions ignobles, beaucoup y ont trouvé la mort. Sous un régime similaire à la ‘mita’ inca, le travail dans les mines était obligatoire pour tous les habitants des terrains conquis. Cela a engendré des mouvements de populations massifs, et la création de Potosi, la ville la plus grande de toute l’Amérique à cette époque.

A l’intérieur de la montagne, enfouie dans les milliers de tunnels minuscules de la mine, une véritable activité souterraine nait et se développe jusqu'à en devenir un enfer. Les mineurs peuvent y travailler pendant 6 mois d’affilé sans jamais voir le jour. Certains y restent jusqu'à leur mort. D’autres en ressortent, marqués à vie. La mine d’argent était tellement grande que les travailleurs locaux n’ont pas suffit. Pendant la longue période du commerce triangulaire et de la traite des esclaves, les africains y ont aussi été envoyés. En plus de l’Espagne, la France, l’Angleterre et les autres pays colonisateurs s’y sont mêlés et se sont noircis les mains.

Assez d’histoire… revenons au présent et à notre visite. Avant de monter dans le cerro, on passe au ‘marché des mineurs’, où ce derniers s’approvisionnent en dynamites, feuilles de coca et autres produits indispensable à leur travail. Depuis qu’ils travaillent sous forme de coopérative, les mineurs doivent se procurer eux-mêmes leurs outils de travail. Parmi eux, les fameuses feuilles de coca qu’ils mâchent sans arrêt pour rester lucide et ‘durer plus longtemps’. Aussi, les cigarettes et bouteilles d’alcool qu’ils offrent à leur vénéré dieu des mines ‘el Tio’.


Une fois sortis du marché et habillés de nos tenues de mineurs, on monte sur le cerro. La montagne à première vue ne paie pas de mine, et on se demande comment ce gros tas de terre a pu influencer autant l’Histoire et forcer le destin de millions de personnes.


Le guide commence son tour par nous faire péter un bâton de dynamite en plein air (ca détonne !). Un petit show touristique pour nous mettre bien dans l’ambiance. Attention les gars, les mines, c’est pas pour les mauviettes !

Peu après, on se retrouve devant l’un des cents tunnels pénétrants dans la montagne. Là, des mineurs font une pause. D’autres rentrent et sortent de la mine, chargés de chariots de minerais qu’ils poussent à la force de leurs bras. Tous ont le visage noirci et ridé. On sent déjà les dures conditions qu’ils endurent à l’intérieur.


On passera en tout deux heures à l’interieur de la mine. Delphine ne pourra que tenir 20 minutes, ne supportant pas l’enfermement et l’étroitesse des tunnels. Il fait quasiment noir, et nous ne sommes éclairés que par nos lampes frontales. Par terre, de la boue et des flaques d’eau. On fait attention de ne pas buter contre les rails en bois, et de ne pas se cogner au plafond. Quand les mineurs passent, on doit se plaquer contre les cotés pour les laisser passer. L’air devient de plus en plus chaud, et on respire de plus en plus difficilement. Plus on s’enfonce,  plus on se sent descendre en enfer. C’est très dur. Les conditions de sécurité sont quasi inexistantes. Les mineurs descendent de niveau sans échelle ni protection, au risque de chuter mortellement. Les minerais qui proviennent des niveaux supérieurs sont véhiculés par des toboggans, produisant à leur arrivée de gros nuages de poussière.  La galerie que nous parcourons est ventilée naturellement. L’air ne se renouvelle que très peu.

On discute avec quelques mineurs. Pour eux, ils sont sur leur terrain de travail, c’est la routine. Cependant les dures conditions de travail se lient sur leur visage, et on sait deviner quel sera leur destin.


Un mineur produit en moyenne 8 tonnes de minerais par mois, qu’il vend 1000 bolivianos, soit environ 100€. Une maigre récompense quand on sait que plus de 30% de cette somme s’en va en frais de fonctionnement et en charges de coopérative.

On se pose alors naturellement la question : ‘Pourquoi ne font ils pas un autre travail ?’. La réponse aurait pu être évidente : il n’y en pas d’autres…



Une visite dure, donc, mais qui nous aura permis de voir le vrai visage de Potosi, et de deviner celui qu’il a été ces 450 dernières années, depuis que les conquistadors ont ouvert cette grande boite de Pandore.

  La mèche met 3 minutes à se consumer !