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Chapitre 12 : La grande traversée, des Galápagos aux Marquises

L'Expédition / Trans-Pacifique / 'Chapitre 12 / La grande traversee'

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Du  13 avril au 02 mai 2010

Trans-Pacifique 2ème étape : des iles Galapagos aux iles Marquises

Le jour du départ selon Laurent


Mardi 13 avril 2010, 17h00, nous levons l’ancre depuis notre mouillage aux îles Galápagos. Nous sommes émus, excités. 3000 miles (env. 5600 kms) de mer, zéro escale, une navigation en continu pour rejoindre les îles Marquises au plein milieu du Pacifique… Tel un cheval lancé au galop à travers le désert, le TAGOMAGO, son capitaine et son équipage s’élancent à l’horizon, vers un désert d’eau qu’il n’arrêtera pas de chevaucher tant qu’il n’aura pas atteint son but. Pas d’arrêt possible, donc, nous sommes sur un tapis roulant où nous n’avons pas le droit de tomber.


Quelques heures avant le départ, je sens l’excitation monter. Une étrange sensation de liberté m’envahit. Je sais que je pars loin et pour longtemps, sans trop d’idées sur les conditions auxquelles je devrais m’adapter. Surement suis-je attiré par le grand flou, l’inconnu !


Devant nous, the ‘big blue’. Du bleu, beaucoup de bleu, une ligne à l’horizon, toute droite. Au milieu, tout petit, un bateau en papier qui flotte et qui se balance entre les vagues. Et sur ce petit bout de papier, JP, Oliv’, Del, Lau et Fred le capitaine…


Allez, H-2, c’est l’heure de partir. Adieu la terre, à nous l’aventure. Ya haaaah !!!



EXTRAITS DU CARNET DE BORD :-


1er jour / La chasse aux alizés

2éme jour / Sillage vers l’horizon

3éme jour / Une journée comme les autres

5éme jour / Adaptation au confort de bord

6éme jour / Le 1000éme mile

7éme jour / Manœuvres de nuit

9éme jour / Toujours à fond !

10éme jour / La salade du pêcheur

11éme jour / La vague qui tue

12éme jour / Le riz au lait de trop

13éme jour / Concours de barre et toilettage

15éme jour / Le soleil a rendez-vous avec la lune

16éme jour / Delphine manoeuvre et fait le point

17éme jour / Vent arrière et plus que quelques miles …

a suivre ...

Le mot du capitaine : Le départ


Le 13 avril 2010, depuis Puerto Ayora, Galápagos


Del et Lau me laissent la plume (le clavier !). Galápagos – Marquises 3000 miles nautiques 20 à 30 jours de mer : parcours mythique, incontournable dans un tour du monde. La plus grande distance, celle que tout plaisancier rêve de faire, même s'il en existe de plus longues, de plus dures, ce qu'elle n'est pas ! J'avoue que je suis un peu ému, tendu malgré l'expérience acquise.


Tagomago est prêt techniquement, l'avitaillement me semble complet, on a même fini de mettre la réception de la météo au point (merci André et Laurent) par le téléphone satellite. L'équipage allie expérience, jeunesse et intelligence ; il s'est éprouvé dans la traversée Costa Rica –Galápagos, une semaine de mer tout de même ! Il faudra simplement rester vigilant, compter aussi sur Dame Fortune, et il ne devrait y avoir que du plaisir. Suivez nous sur Sail the World. Amitiés à tous,


Frédéric.

Mardi soir + Mercredi 14 avril 2010 (1er jour) / La chasse aux alizés


Laurent : Notre première journée de navigation se passe tout en douceur. Le vent ne dépasse pas les 10 nœuds, la mer est calme et nous devons même faire tourner le moteur pour ne pas trop se trainer. Alors que les Marquises sont au cap 260º (à plus de 5500 kms, certes !), nous optons pour un cap sud - sud ouest, vers les 200 º, pour aller choper au plus vite les alizés.


Delphine : Aujourd’hui, il fait très beau, la mer est calme et le vent trop faible pour que l’on puisse mettre les voiles, nous sommes actuellement au moteur pour recharger les batteries aussi. Nous faisons particulièrement attention à notre consommation d’eau, je crois que je peux tout de suite oublier mon litre d’eau pour rincer mes cheveux après le shampoing, ils  resteront poisseux jusqu’ à l’arrivée aux Marquises !


Je me sens très bien à bord et je suis tellement heureuse de pouvoir réaliser ce projet, ce rêve, et dire qu’il y a quelques mois je ne connaissais rien à la voile !

Les chiffres clés


Route directe : 2945 miles (5450 kms)

Distance parcourue : 3100 miles (5735 kms)

Temps de traversée : 18 jours et 18 heures

Vitesse moyenne : 6.89 noeuds

Distance moyenne journalière : 165 miles (305 kms)

Record distance journalière : 193 miles (357 kms)

Vendredi 16 avril 2010 (3éme jour) / Une journée comme les autres


Laurent : Aujourd’hui la journée a vite passé, baignés en plein océan nous flottons dans un espace temps un peu flou. Seuls les repas que nous prenons toujours tous ensembles rythment les journées.



Dimanche 18 avril 2010 (5éme jour) / Adaptation au confort de bord


Laurent : Je viens de me brosser les dents à l’eau de mer, c’est dégueulasse. Pour le rinçage, un vieux goût amer et sale inonde ma bouche et jusqu'à mon nez, j’avoue avoir du mal à m’habituer !


Ce matin nous avons vécu un petit coup dur : les WC tribord à l’avant du bateau ont été inondés par … de l’eau douce. Cette eau si précieuse que nous essayons de préserver! Pour remplir la bouilloire, on doit mettre en route la pompe d’eau douce qui puise dans les 2 cuves de 140 litres. Ce matin, un robinet a malencontreusement été laissé ouvert dans les WC. Résultat : plus de 50 litres partent à la mer.


[…]


L’humeur ce matin n’est pas au top. Je pense à la longueur de la traversée et tout ce qui nous reste à parcourir. Le bateau a beau foncer, nous sommes encore très loin ! Jean-Pierre qui est assis sur le roof me fait la même remarque. Del, extenuée par son quart de nuit est allé se coucher. Olivier qui essaie d’écrire dans le carre me confie qu’aujourd’hui la navigation n’est pas très confortable, la mer s’est en effet formée et nous bougeons dans tous les sens. Deux fois de suite des giclées d’eau jaillissent du panneau central pour tremper tout le carré. Les chutes du Niagara dans le bateau. La croisière trans-pacifique n’est pas de tout confort !


Dans la cuisine je trouve mon activité de prédilection. Faire la bouffe alors que le bateau bouge dans tous les sens. C'est ce que j’appelle de l’extreme cooking.

Notez les positions de tous les cuistots qui luttent contre la gite ...

Lundi 19 avril 2010 (6éme jour) / Le 1000éme mile


Laurent : Je viens de finir ma gym quotidienne post petit déjeuner. Avec Olivier, nous nous motivons pour effectuer séries d’abdos, pompes et étirements. A l’effort de pure contraction s’ajoutent les efforts d’équilibre. Aujourd’hui la mer est creuse, des vagues de 2- 3 mètres viennent nous heurter de travers, la petite gym matinale devient aussi un sport de l’extrême !


Malgré mon double quart de nuit et les secousses du bateau, je me sens plus en forme que la veille. Surement est-ce la grande étape psychologique que nous franchissons aujourd’hui : le 1000éme  mile (env. 1800kms), soit un tiers de notre parcours ! Sur le traceur, en zoomant au maximum à l’échelle la plus petite, nous ne voyons sur l’écran que le bateau entouré d’eau. Nous sommes au milieu du Pacifique !!

Séries d’abdos sur le roof

Le jour du départ selon Delphine


Nous sommes partis à 17h des iles Marquises. La journée était particulièrement stressante, difficile à cause du site web à mettre à jour et les dernières petites choses à faire aussi. Le départ s’est très bien passé mais j’ai l’impression que l’on va vite désfois. J’aurais aimé ranger toutes mes affaires qui trainaient sur le lit, faire le lit que je n’avais pas fait avec les draps sur-mesure tous propres ! Fred a si confiance en lui et au bateau qu’en 1 minute on peut partir, il suffit de lever l’ancre !

C’est très agréable aussi et j’ai finalement fini par faire les choses une fois en route.

André notre ancien équipier est arrivé en water taxi au moment ou on levait l’ancre, c’était marrant car nous avons pu lui dire au revoir in extremis de bateau à bateau, sur l’eau, il avait un petit pincement au cœur. Nous avons maintenant un nouveau membre de l’équipage, Olivier 29 ans qui fait un tour du monde à vélo et en parapente.

Jeudi 15 avril 2010 (2éme jour) / Sillage vers l’horizon


Laurent : Voila bientôt deux jours que nous avons quitté le port de Santa Cruz, que nous voguons sur l’océan en quête de la Polynésie, loin à l’infini. Peut être que voguer n’est pas le terme, car depuis la nuit dernière nous filons à grande vitesse (plus de 7 nœuds de moyenne), les conditions de navigation se sont durcies et nous avons adopté un régime sportif et tendu.


Je prends mon quart de nuit à 05h00, un peu cassé par manque de sommeil. Avec la gite du bateau, dormir devient une activité à part entière.


Le vent continue de monter, les alizés prennent forme et devraient nous amener jusqu’aux Marquises. On prend un ris dans la grand voile pour rendre la navigation un peu plus confortable.


06h30, coup de gite, je renverse mon café en bas de la descente et en profite pour verser quelques gouttes sur le livre de bord et la carte de navigation du capitaine. Plus tard je rentre dans ma cabine pour m’écrouler, je suis lessivé et doit rattraper plusieurs heures de sommeil (je n’ai dormi que deux heures cette nuit).


[…]


Pendant mon quart du soir, alors que Jean-Pierre se repose près de moi dans le cockpit, je passe le pilote en mode STANDBYE pour prendre la barre. Les conditions sont agréables, à peine 10 nœuds de vent, je maintiens 5-6 nœuds de vitesse au pré-serré. Dans cette nuit claire et parsemée d’étoiles, sous les yeux protecteurs du Chevalier d’Orion, de la Grande Ourse, de la Croix du Sud et de la constellation du Scorpion, je conduis le TAGOMAGO vers l’horizon. Sensations de bonheur, d’aisance et de liberté. Un sourire m’esquisse les lèvres. Je me sens bien. A la fois petit et vulnérable face à la puissance de la nature qui m’entoure, mais aussi serein, fort. Jean-Pierre bientôt se réveille, je repasse en mode WIND et nous nous engageons bientôt une conversation sur l’Histoire de France, un de ses sujets favoris.

Le mot du capitaine : mi-parcours


Le 21 avril 2010


En huit jours et quelques heures, belle performance du TAGOMAGO, bien aide par l'Alizé, établi vingt quatre heures à peine après le départ des Galápagos. Deux petites avaries, vite réparées mais qui nous ont fait être plus prudents, lever le pied dit-on. Bien sur, le confort à bord s'en ressent, il est moyen mais les quarts de nuit fonctionnent bien et l'équipage ne fatigue pas.

L'ambiance est super soutenue par le sourire et la détermination de Delphine, l'émulation des cuisiniers, et la participation de tous à la marche du bateau et à son entretien. Pas de poisson pêché ! La mer alizéenne est belle, tourmentée mais nous n'avons rien rencontré quant à la faune. Un voilier chacune des deux premières nuits puis plus rien.


Il ne reste plus qu'à souhaiter que la deuxième partie de la traversée soit aussi belle.



Frédéric.

Mardi 20 avril 2010 (7éme jour) / Manœuvres de nuit


Laurent : Ce matin, nous avons eu le droit à des envolées de vaisselle, de tartines au beurre et de chocolat nesquick. Une cuillère pour la bouche, et une pour la mer !


[…]


Depuis hier soir, nous avons changé de régime de croisière. Nous semblons entrer dans la zone jaune de notre fenêtre météo téléchargée par Iridium 2 jours plus tôt : vent de force 6, soit un peu plus fort que les jours précédents. De 01h a 05h, je suis de quart avec Delphine. Nous surveillons de près le vent qui continue de monter en puissance. 21, 22, 23, 24 puis 25 nœuds, on sent le bateau forcer. Vers 3h du matin, avec l’aide du capitaine nous prenons un 3ème ris, la grand voile est désormais réglée au minimum. Le vent continue de forcer, la mer se creuse, pour bien faire il faudrait encore réduire de la voilure. Le skipper doit aussi savoir maitriser la puissance de son bateau !

A 7h00 du matin, à la lueur du jour, le capitaine rassemble tout l’équipage pour manœuvrer : mise en place de la trinquette (ou foc de brise) en place du génois à l’avant du bateau. Fred et moi allons sur le roof déployer l’étai largable du foc, gréons la voile sur l’étai et frappons les points d’écoute. Nous sommes assurés avec nos harnais à la ligne de vie, mais nous efforçons de ne pas basculer ou de glisser avec les secousses du bateau. Les vagues que l’on se prend dans la figure rajoutent du piment à la manœuvre. A 7h00 du matin, à la fraiche, de l’action !


Jean-Pierre et Olivier étarquent la drisse, bordent l’écoute tribord. La manœuvre est terminée, le bateau reprend de l’équilibre, mission accomplie à 100%. Nous célébrons tous la manœuvre autour d’un petit dej’ pris en groupe dans le cockpit. Fred fera même les tartines pour tout l’équipage.


[…]


Petit à petit, la mer continue de se former. Le vent souffle à plus de 25 nœuds, des creux de plus en plus amples nous frappent de travers. C’est parti pour un tour de manège enchanté. Pendant que le reste de l’équipage va se reposer, je reste sur le pont avec Jean-Pierre. Pour éviter les grosses secousses et soulager le pilote automatique, on prend la barre. Jean-Pierre m’apprend à barrer en mer agitée, à dompter les vagues sans trop dévier du cap. La barre est en tension, la mer me déséquilibre, je suis en pleine partie de sport avec la mer. Que de bonnes sensations !

Delphine : Depuis hier soir la mer s’est bien creusée, elle reste très belle mais très chiante si je puis me permettre. Ce matin elle était de mauvaise humeur et le bateau n’a fait que bouger dans tous les sens. Le tiroir de tous les couteaux et fourchettes est tombé…la cata, pas évident.


Dés 7h30 je me suis levée pour filmer Laurent, Fred et Olivier qui mettaient le foc de brise, ceci pour mieux stabiliser le bateau dans ce vent de force 6. On a tout de suite plus facilement le mal de mer et on se fatigue un peu plus vite. Il n’est d’ailleurs pas du tout évident d’écrire dans ce carnet en ce moment mais je me force un peu car il y a tellement de choses à dire de cette belle aventure.


Voila déjà une semaine que nous avons largué les amarres, environ 3000 milles à parcourir et nous en sommes déjà à plus de 1000 miles, nous volons au dessus des vagues, ce bateau est exceptionnel car on a l’impression qu’il va très vite au dessus de la mer tellement il parait léger. Il est souvent bien équilibré au niveau des voiles, Fred fait super attention, il est très précis, il connait son bateau par cœur et c’est toujours un immense plaisir pour moi de voir cela et de savourer le temps passé avec lui à apprendre des choses importantes comme l’angle du vent apparant, les différentes allures, lofer, abattre…beaucoup d’informations que j’ai assimilé en peu de temps car il y avait beaucoup de choses à apprendre. Quand je réalise toutes les choses que j ai pu apprendre depuis le mois de janvier c'est très impressionnant. Moi qui ne connaissait rien à la voile, je connais pas mal de choses !

Jeudi 22 avril 2010 (9éme jour) / Toujours à fond !


Laurent : La nuit dernière, nous avons passé le cap de la mi-parcours, déjà après seulement 8 jours de traversée ! Nous savions que le TAGOMAGO était bien taillé pour la vitesse, mais pas à ce point ! Alors que la plupart des voiliers de croisière mettent entre 21 et 25 jours, nous sommes lancés sur une base de 17 jours… Notre capitaine Fred’ ne veut pas crier victoire trop vite, soyons patients et préparés, nous ne savons jamais ce que les vents et la mer peuvent nous réserver…


Cela fait maintenant plus de deux jours que nous marchons avec le foc de brise et les 3 ris dans la grand voile. Nous sommes légèrement sous-toilés, mais les alizés se maintiennent dans les 20 nœuds de vent et notre vitesse moyenne à plus de 7 nœuds au grand largue. La mer depuis deux jours est aussi plus capricieuse, avec de la houle que nous prenons parfois de travers. Résultat : inondation dans le carre (la vague arrive bien sûr au moment où l’on ouvre le panneau pour aérer), cognements, cassages de tronche, valdingages de vaisselle et de nourriture…


Les bains à l’arrière du bateau deviennent aussi plus acrobatiques, et conformément au mot d‘ordre ‘Sécurité Sécurité’, il y a toujours au moins une personne pour surveiller celui ou celle qui se lave.


Niveau pêche, nous sommes toujours ‘brocouilles’.

Delphine : Hier, mercredi 21 avril j'ai beaucoup pensé à Adeline, en espérant qu’elle avait bien reçu mon petit mot que j’avais écrit en avance pour elle. Ce même jour nous avons reçu un email de papa et maman et cela m'a fait très plaisir. Je sais qu’ils me suivent au moins une fois par jour en regardant notre bout de chemin sur internet, grâce à la balise que Fred a mis en place sur son bateau.


Lundi, mardi, mercredi…le temps a tourné, nuageux, gris, pluie et d’immenses vagues sur le coté rendent le bateau très inconfortable, les journées étaient fatigantes.


Nous suivons toujours un cap de 250, le vent vient du Sud-Est. Lundi, le vent étant particulièrement fort, autour de 25 nœuds, Fred a décidé avec Jean Pierre de prendre le dernier ris de la grand voile. Ceci en pleine nuit à 4h00 du matin, tout s’est bien passé à part que Fred ne voulait pas que Jean Pierre lofe et celui-ci a quand même lofer, ce qui a un peu énervé Fred, moi je trouve ça marrant et je suis toujours impressionnée par toutes ces manœuvres en pleine nuit.

Ensuite, très tôt le matin vers 7h30, Fred et Laurent ont mis le foc de brise. C’était vraiment chouette car j’étais à peine réveillé grâce à Laurent et je me suis soudainement transformée en grande reporter des mers. Pas évident de filmer lorsque le bateau bouge dans tous les sens, les vagues qui s’abattent sur le pont, les vagues de travers…Encore une fois c'est une manœuvre délicate car cela demande de sortir l’étai avant, de le fixer, de sortir la voile de trinquette, de la hisser et de la border. Quand je pense que Fred n’avait pas trop dormi cette nuit la, je ne sais pas comment il faisait pour garder son calme, sa bonne humeur, expliquant les manœuvres à Laurent qui l’aidait devant, il a même réussi a faire un petit coucou à la camera avec un grand sourire ! Quel bonheur !


(…)


Hier soir la nuit était particulièrement belle car le vent n’était pas trop fort, autour de 20 nœuds et la lune était la, une moitie de lune légèrement basse sur tribord éclairait la mer. La mer était plus douce et berçait le bateau lentement, plus lentement que d’habitude. Nous étions bien seuls sur cette partie du Pacifique, aucun bateau en vue, comme d’habitude. Les étoiles n’étaient pas vraiment non plus au rendez vous à part quelques unes qui brillaient superbement par ci par la comme de petits diamants.

Vendredi 23 avril 2010 (10éme jour) / La salade du pêcheur


Laurent : Jeudi matin, j’avais préparé à l’équipage une ‘salade de jeudi’, un melting pot de riz, chou, maïs, thon et olives, arrosé d’une sauce TAGOMAGO.

Pour vendredi, j’avais promis à tous une salade du pêcheur. Ce jour là, c’est finalement Olivier qui me remplacera… Toute la matinée, il ramasse les poissons volants échoués sur le pont, et pour midi nous présente une salade accompagnée de 5 minuscules poissons grillés. Une salade pauvre en chair, mais une salade avec du poisson tout de même, ramasses par nos mains modestes de pauvres pêcheurs…


Quelle ne fut pas notre surprise le soir, vers 18h00 (alors que nous venions de finir l’apéro et que je m’apprêtais à cuisiner un bœuf aux carottes sans bœuf), quand le tendeur de notre mécanisme de pêche se prend soudainement à tirer vers le large. Ça mord !! Avec Olivier on s’empresse d’enfiler nos gants de voile et de ramener le fil de pêche tressé amarré au taquet arrière. Ça tire sec, on a un gros client !

Vingt minutes plus tard, nous venons à bout du poisson (qui nous l’avouons modestement ne s’est pas débattu), Fred’ le capitaine crochète et le hisse jusqu’au fond du cockpit, derrière la barre. Jean-Pierre et moi donnons le coup de grâce à l’aide d’un couteau bien enfoncé sur le dessus de la tête. Nous sommes surexcités – à l’exception du capitaine qui se demande quels souvenirs de sang et d’odeur le poisson laissera dans le cockpit – le poisson pèse plus de 20kgs et nous parait ENORME. Cf. notre salade du pêcheur du midi avec les petits poissons volants.

Après tant de journées achevées déchus de ramener une ligne vide et de cuisiner à la boite de conserve, nous ramenons en ce vendredi saint un véritable trophée.


En cuisine, je m’en donne a cœur joie et suis d’autant plus heureux que mes petits plats plaisent a l’équipage : poisson moqueca a la bahianaise, poisson au caramel, fricasse de poisson, a la plancha etc.…


  

Samedi 24 avril 2010 (11éme jour) / La vague qui tue


Laurent : Dans la nuit, alors que je dormais avec Delphine dans la cabine, une vague déferle dans le cockpit et vient nous jaillir dessus par un hublot malencontreusement laissé ouvert. Par reflexe je sors d’un bond hors de la couchette et de la cabine, la tête trempée et l’esprit soudainement réveillé. Ce n’était bien qu’une vague, mais le désastre est fait : draps, bouquins, habits trempés etc. … Je nettoie, laisse Del dormir sur le côté sec et m’en vais coucher dans le carré. Les joies de la vie en mer !!


Delphine : Ce soir nous atteindrons les 2000 miles, nous en sommes déjà au deux tiers de notre voyage. J’imagine qu’il sera magique de pouvoir voir la terre après tout ce temps passé en mer. Pourtant je trouve que les journées passent vite, je suis toujours occupée à quelque chose. Entre le ménage, ranger les affaires, préparer les repas, prendre quelques cours de voile, la lecture, les jeux, la douche, on n’arrête pas ! Nous avons finis les dernières pommes et nous allons commencer à puiser dans les réserves de fruits en conserves et autres desserts que je peux faire.

  

Dimanche 25 Avril 2010 (12éme jour) / Le riz au lait de trop


Laurent : Je reprends l’écriture alors que Delphine est en train de battre sa pâte à crêpes. L’atelier cuisine est décidément ouvert 24hrs/24… On devrait ouvrir un resto flottant, le ‘TAGOMAGO’ vous sert à domicile ou vous accueille chaleureusement dans son cockpit. Appelez le canal 74. Etude de marché faite, je pense que le projet tombera finalement à l’eau, pas assez de clients dans cet immense Pacifique ! […]


Cette nuit, petit accroc : en pleine nuit, Jean-Pierre sort en trombe de sa cabine pour engueuler Olivier qui s’était mis à taper des casseroles pour cuisiner un riz au lait … à 1h du mat’ … Décidément pour le TAGOMAGO, la cuisine est une passion … […]


Cette nuit nous avons franchi une grande étape psychologique : la barre des 1000 miles au compte à rebours ou le 3eme tiers de notre traversée. […] Comme des pros nous réglons le pilote automatique constamment pour naviguer au degré près. Tous les après-midis je porte un point sur la carte et recalcule le cap compas. On optimise !



Delphine : Cette nuit la j’ai remplacé Laurent pour son double quart mais au lieu de le faire sur une nuit je les fais sur deux, cela me fatigue moins. Il était content et il a pu se reposer. Depuis que nous avons pêché le poisson nous mangeons que du poisson ! Laurent s’est donc essayé à plusieurs recettes, ma préférée étant La Mokeka puis le soir il a fait du poisson au caramel, hummm un régal. La veille j’avais préparé un flan à la vanille qui a bien durci au frais, c’était délicieux !

Et dire que voila 13 jours que nous sommes en mer, que notre unique vue est le ciel, la mer, les nuages, la lune, les étoiles, chaque jour différents.


Les poissons volants nous tiennent compagnies depuis un petit moment déjà, ils sont superbes et on ne s’en lasse pas. Ils ressemblent à de grosses libellules qui volent au dessus des vagues puis hop replongent et ressortent aussitôt et ainsi de suite. Parfois, un magnifique oiseau blanc vient nous rendre visite.

Lundi 26 avril 2010 (13éme jour) / Concours de barre et toilettage


Laurent : Ce matin, activité barre. Histoire de se faire la main et de s’amuser un peu, au détriment de l’équipage qui doit subir les embardées des apprentis. On s’organise un petit concours, faire la meilleure moyenne de cap sur 30minutes.


Delphine : Ce matin j’ai décidé de m’occuper un peu de moi, une fois que j’ai pris mon ptit dej, j’ai soigné toutes mes petites blessures à l’alcool. Puis j’ai pris ma douche sur la plage arrière, je crois que c’est une des plus belles douches au monde avec une superbe vue panoramique de l’océan et du ciel sans vis-à-vis ! Un ptit shampoing et un léger rinçage à l’eau douce histoire que mes cheveux ne poissent pas et restent propres pour les 3 prochains jours. Même si c’est de l’eau de mer et que le savon mousse moins que d’habitude, cela fait toujours un bien fou de se laver, tu te sens propre et fraiche et tout de suite toujours mieux surtout si on met ensuite un short et T-shirt propre ! Ensuite, je mets toujours de la crème sinon j’aurais vraiment la peau trop sèche et cela permet d’enlever un peu de sel.


Cet après midi j'ai fait une petite lessive qui sèche en ce moment en plein soleil. Ce soir c’est le capitaine qui fait la cuisine : Risotto au poisson ! Recettes qu’il a apprises grâce à sa femme Licia qui est italienne.


Nous avons vu tout à l’heure un bateau à 10 miles sur le traceur, comme quoi nous sommes de moins en moins seuls ! Après déjeuner nous nous sommes mis à faire le jeu-café comme dit Laurent, c’était marrant.


Le seul truc qui me dérange c’est que je n’aurais pas beaucoup fait de photos sur la traversée, ce n’est jamais évident car le bateau bouge tout le temps.

Mercredi 28 avril 2010 (15éme jour) / Le soleil a rendez-vous avec la lune


Laurent : Ces jours-ci les journées passent vite et se ressemblent. Psychologiquement, nous avons tous l’esprit tourné vers les Marquises, le gros de la traversée est derrière nous. On organise d’ailleurs le reste de notre croisière : la visite des Marquises, le départ de Jean-Pierre, les Tuamotu et Tahiti. Fred’ travaille aussi à fond sur le reste de son TDM, il a encore beaucoup de chemin à parcourir !


Dans la nuit de lundi à mardi, Fred’ et Del ont fait tombé la trinquette, déroulé le génois et relâché tous les ris de la grand voile. Le vent est tombé à 10-15 nœuds, il est temps au TAGOMAGO de regonfler sa toile et d’imposer sa toute puissance !

Au vent arrière sur notre cap, on décide de tangoner le génois, nous avons maintenant les voiles réglées en ciseaux. Après 2 semaines à naviguer au grand largue, ca nous fait du bien de changer d’allure !


Avec le vent se calme la mer. La houle a diminué, nous retrouvons à bord un certain confort de vie. Je peux désormais retourner dormir dans ma cabine au lieu de squatter celle d’Olivier quand il est de quart.


Les nuits sont belles. La lune est resplendissante, surprenante quand elle vient taquiner le soleil avant qu’il parte se coucher. Pendant la nuit, elle est reine et nous illumine de son halo. Tout est beau, calme et volupté…

Jeudi 29 avril 2010 (16éme jour) / Delphine manoeuvre et fait le point


Delphine : Lundi soir, j’ai remplacé Olivier en quart de nuit, chose que j’aime bien faire car cela me permet d’apprendre des nouvelles choses avec Fred. Ce soir la je n ai pas du tout vu le temps passer, car nous avons comme d’habitude un peu discuté. La mer était plus calme, moins de vent, la trinquette battait, la grand voile était à sa plus petite voilure, au bout d’un moment je me disais « Quand même Fred on ne peut pas mettre le génois ? ». Et c’est comme ca que finalement nous avons fait ensemble les manœuvres qu’il m’expliquait au fur et à mesure et avec Fred c est toujours un vrai bonheur car son calme et sa grande maitrise rendent les choses et l’apprentissage très agréable.


J’ai donc d’abord choqué les écoutes de la trinquette pour que Fred puisse l’enrouler et l’attacher, en attendant de l’enlever complètement. Puis nous avons remis sur les winchs les écoutes du génois et la drisse pour dérouler le génois. Une fois le génois installé nous avons lâché le 3eme riz de la grand voile puis enfin le 2eme et le 1er. Pour cela tout peut se faire du cockpit ce qui rend les manœuvres très faciles, pas besoin de se rendre au mat. Sauf pour le point d’amure du 3eme riz qu’il faut décrocher du mat. Pour les riz il suffit juste d’ouvrir les taquets et de bien préparer les cordages pour qu’ils montent bien sans se coincer.


Depuis mardi les journées sont bien plus calmes que la semaine dernière, il y a beaucoup moins de gite, le vent a baissé, la mer est plutôt de bonne humeur et donc du coup tout devient plus facile à bord du bateau. Tout le monde est moins fatigué, il est plus facile de faire la cuisine, la vaisselle, je ne suis pas obligée de me tenir pour me déshabiller et me rhabiller aux toilettes. C’est donc plus reposant qu’il y a quelques jours et c’est tant mieux. Je pense que nous arriverons dimanche aux Marquises et je suis tellement heureuse d’être arrivé jusque la, c'est vraiment génial surtout après être passé par plein de galères avec Laurent. Nous allons pouvoir enfin découvrir ces merveilleuses iles tant attendues.


JP me demandait ce matin si j’en avais marre du bateau ? Et bien non, je n’en n’ai pas marre, nous nous sommes très bien adaptés avec Laurent, nous n’avons jamais le mal de mer et je n’ai jamais trouvé le temps long. Ces dernières semaines sont passées plutôt vite. Tous les jours la mer, le ciel, les nuages sont différents. Les nuits sont toutes plus belles les unes que les autres et si différentes.


Cette traversée m’a personnellement fait beaucoup de bien, comme si la mer, si immense à perte de vue, si grande et l’horizon au loin toujours et encore m’avaient apaisés. Je me suis reposée de toutes ces années à toujours courir à droite et à gauche sans arrêt, à travailler dur parfois sans voir le ciel de la journée. J’ai pu observer les détails des couleurs, les constellations, aimer cette eau qui nous entoure et qui n’en finis plus. Elle devient finalement très importante. Hier soir, après le coucher de soleil, nous avons assisté au lever de lune. Un spectacle absolument incroyable et inédit. Déjà tout l’horizon était pour nous comme d’hab, personne ne pouvait nous cacher ce lever grandiose, nous étions aux première loges ! La lune est apparue au raz de l’horizon, légèrement au dessus de la mer, dans une atmosphère de bleu pastel et de rose opaque. C’est un petit nuage jaune pale lumineux qui a commencé à doucement monter tout en la cachant. Elle s’est finalement dévoilée et est devenue de plus en plus grosse comme un énorme ballon suspendu dans les airs, montant tout doucement. Et c’est une énorme lune d’un jaune clair lumineux qui a soudainement pris place. Absolument magnifique et a mon grand regret je ne suis pas arrivé à l’immortaliser, je n’ai pu faire qu’un petit film. J’en garderai en tout cas un souvenir unique.

Vendredi 30 avril 2010 (17éme jour) / Vent arrière et plus que quelques miles …


Laurent : Comme tous les jours à 15h00, je descends à la table à cartes pour faire le point. Je relève les compteurs journaliers, mesure la distance restante et le cap à suivre, pronostique sur le jour et l’heure d’arrivée… Aujourd’hui il ne nous reste plus que 184 miles (env. 350kms) à parcourir, on y est quasiment. Si l'on poursuit notre vitesse des dernières 24h, nous arriverons aux Marquises vers 21h demain, éclairés par la lune qui nous accompagne depuis déjà plusieurs nuits.


Nos voiles sont toujours configurées en ciseaux, nous avançons au vent arrière tantôt bâbord amure, tantôt tribord amure. Le vent tourne, et pour garder le cap nous devons à plusieurs reprises empanner. Avec le centre de poussée vélique vers l’avant, le bateau roule et rend la navigation relativement inconfortable. Finalement rien ne vaut un bon travers ou un grand largue !


Aujourd’hui je me suis levé très fatigué. Un de ces jours où les quarts de nuit me pèsent. J’ai du mal à absorber mon manque de sommeil et ma fatigue joue un peu sur mon humeur. On ne peut pas être au top tous les jours !


Je culpabilise aussi un peu car à force de cuisiner de bons p’tits plats, nous mangeons tous bien et de bon appétit. Du coup, au lieu de perdre 1 ou 2 kilos pendant la traversée, je les ai surement gagnes. A bord – malgré les encouragements de Delphine à me faire faire pompes et abdos – je ne peux pas me dépenser comme je le voudrais ! Ma ligne ne tient donc qu’à un fil, celui de ma volonté d’être ‘raisonnable’ – cause perdue d’avance face au poids de ma gourmandise… 

L'équipage de gauche à droite : Jean-Pierre, Olivier, Fred', Delphine et Laurent

Le quart du matin nous offre toujours de magnifiques levers de soleil

Préparation des hamecons, poulpes et rapalas...

Notre trophée décapité

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Partie de scrabble - Delphine gagne!

Jean-Pierre en pleine détente

Les pompes matinales

Samedi 01 mai 2010 (18éme jour) / changement de cap



A suivre prochainement...