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Chapitre 13 : Les iles Marquises

L'Expédition / Trans-Pacifique / 'Chapitre 13 : les iles Marquises'

Du 02 au 13 mai 2010

Les iles Marquises sont notre première étape dans notre grande traversée de la Polynésie. Le 13 avril 2010, nous avions quitté les iles Galápagos de l’Equateur, puis nous étions lancés dans le grand bleu pour une longue traversée de 5500kms sans escale. Après de longs jours en mer, nous découvrons enfin l’archipel des Marquises, réputé pour son caractère sauvage et traditionnel, tout au bout de la Polynésie Française et encore loin au milieu de l'océan...



CHAPITRES :-


- L’arrivée après 19 jours de mer

- Hiva Oa, premier contact avec les Marquisiens

- Tahuata, farniente et cocotiers

- Ua Pou, avaries et fêtes à la marquisienne

- Nuku Hiva, Hakatea et le jardin d’Eden

L’arrivée après 19 jours de mer


Cette dernière nuit, je n’ai pas dormi tant l’excitation était à son comble. A minuit, à 32 milles des côtes (env. 60kms), je prends mon quart de nuit avec Jean-Pierre. Longtemps, nous nous efforçons de scruter l'horizon pour voir se profiler les iles hautes, malgré les couches de nuages et les pluies passagères. Tout à coup, une masse sombre surgit, c’est bien la ‘Teeeeerrrre’ !! Après 19 jours de mer, quelle sensation !!


De 06h00 à 07h30 du matin, le spectacle est magnifique. Le soleil se lève doucement, et dans un mélange de violet, d’orange et de bleu, éclaire devant nous l’ile d’Hiva Oa, imposante du haut de ses 1000 mètres de crêtes et de façades escarpées. Bientôt nous pouvons humer l’air de la terre, de la végétation humide et tropicale…

Nous mouillons finalement dans la baie de Tahauku, en face du port d’Atuona, la ville principale de l’ile. Nous sommes partiellement abrités de la houle du sud qui vient s’écraser violement contre un brise vague et les falaises. Comme les autres bateaux, nous mouillons par l’avant et par l’arrière. Un bon entrainement pour nos futurs mouillages aux Marquises et aux Tuamotu, réputés pour ne pas être de tout repos.


Nous foulons la terre après 19 jours de mer. Nos pieds ne s’enfoncent pas au sol, la terre ne tremble pas, nous n’avons pas le mal de terre ! A nous les Marquises!

Hiva Oa, premier contact avec les Marquisiens

Du 02 au 06 mai 2010


Pour notre première escale dans l’archipel, nous choisissons l’ile d’Hiva Oa, la plus grande du groupe sud, réputée pour ses sites archéologiques et pour avoir abrité les artistes français Paul Gauguin et Jacques Brel.


Comme pour rattraper 3 semaines d’immobilité sur le bateau (immobilite relative : nous avons tout de même parcouru 5500 kms !), nous passons beaucoup de temps à marcher. Au bout de quelques minutes, on sent certains muscles éteints se réveiller, ca tire sec !


On se promène tout autour de notre zone de mouillage, dans les hauteurs pour admirer la baie et l’intérieur de l’ile, dans la forêt tropicale, pour un instant de fraicheur et de senteurs tropicales.

Nous atteignons difficilement le site archéologique d’Upeke, tout en haut du village, pas du tout signalé mais heureusement bien connu des Marquisiens que nous rencontrons sur notre chemin.


Après les ruines incas du Pérou, aztèques et mayas du Mexique et du Guatemala, nous découvrons des ruines témoignant de l’ancienne civilisation polynésienne. Un énorme complexe où vivaient plus de 20 000 personnes (l’ile entière n’en compte plus que 2 000 et l’archipel entier des Marquises 8 500), avec comme centre névralgique son Tohua (pour les festivités) et Me’ae (pour les rituels, sacrifices, funérailles), deux lieux essentiels à la vie communautaire. En hauteur, on part observer le tiki du lieu, sculpture de pierre anthropomorphe représentant l’ancêtre déifié, veillant aux rites et à la communauté dans son ensemble. On comprendra plus tard l’importance spirituelle des tiki chez les Marquisiens d’aujourd’hui, omniprésents dans les tatouages, gravures, bijoux, décorations etc… Les tiki ne manquent pas de me rappeler les statues mystérieuses de l’ile de Pacques, qui abritaient surement des civilisations issus de la Polynesie.

Après la visite du site, on rejoint le village et sa plage pour une petite baignade rafraichissante. Etonnant à dire, mais nous ne nous étions pas baignés depuis plus de trois semaines ! Sur le bord de la plage, une école primaire. Les enfants sont en recréation, on passe leur dire bonjour. Ils sont contents et excités de nous voir et de discuter avec nous - Que nous devons leur paraitre étranges avec nos ©crocs orange et rose fluo et nos accents de parigo !!

Nous rentrons de Taaoa en auto-stop, grâce à R., un ‘homme au foyer’ de 35 ans qui comme tous les jours va chercher sa femme au travail à Atuona, le village principal. Il est gros, très gros, Delphine se demande comment il a réussi à entrer dans sa voiture, ou quand bien même il réussira à en sortir. R est chaleureux, sympa et discute avec nous comme si nous étions ses amis.


C’est grâce à l’auto-stop que nous avons pu réaliser l’ampleur de la gentillesse et de la générosité des Marquisiens. Tous les jours, pour aller du village au mouillage et vice-versa, on se faisait prendre 4 ou 5 fois en stop. Parfois, pas besoin de monter son pouce, les voitures s’arrêtaient toute seule. Du jamais vu !

C’est aussi en stop nous avons fait la rencontre de Jacob, un Marquisien très balaise qui aurait rendu jaloux le plus musclé des catcheurs mexicains... Quand il nous prend en stop et qu’on lui demande ce qu’il fait, il nous dit qu’il se promène en voiture, pour passer le temps… No stress ! Et quand Delphine lui demande où on peut trouver des bananes, il nous répond : ‘moi je peux vous en donner si vous voulez’. Le lendemain, à 8h00 du matin, il est au rendez-vous. Au port, devant notre mouillage, il débarque avec sa camionnette remplie de bananes, une dizaine de régimes !! Quelle générosité ! Il refuse de l’argent, alors on lui donne un petit cadeau : 2 cigares cubains et une petite bouteille de rhum. Nous ne sommes de très bonne influence…

Autre rencontre surprenante : sur le siège passager d’une autre voiture, un Marquisien d’une trentaine d’années, aussi bien en chair, un beau bébé, paré, maquillé, et aux allures plutôt … travesties. Avec Del on se dit du regard que ‘oui, il en fait bien partie’, mais j’apprendrai plus tard que nous nous sommes bien trompés ! Les mahu font partie intégrante de la société polynésienne. Hommes travestis, ils vivent à la manière des femmes et s’occupent des enfants et des taches ménagers, mais ne sont pas obligatoirement homosexuels.


Au village d’Atuona, à 2km de notre mouillage, nous allons nous balader, visiter le centre Paul Gauguin et le cimetière où sont enterrés Brel et Gauguin. On profite des commerces pour refaire des stocks de nourriture. Notre capitaine Fred’ nous régale de trésors français retrouvés : saucisson, camembert, beurre président, brie …


Au mouillage, nous faisons la rencontre de Jean-Louis, un français de 60 ans qui effectue un TDM en solitaire malgré sa maladie et son traitement de dialyse péritonéale. Une personnalité étonnante ! (cf. portrait dans notre rubrique ‘Rencontres’).

Jeudi 6 mai au matin, Jean-Pierre quitte l’équipage pour rentrer en France. Nous levons les ancres, direction l’ile de Tahuata, en face d’Hiva Oa à une dizaine de milles nautiques (env. 20kms).

Tahuata, farniente et cocotiers

Le 6 mai 2010


En moins de deux heures, manœuvres comprises, nous sommes mouillés dans la baie d’Hakahetau, au nord-est de l’ile de Tahuata. Avec 15-20 nœuds de vent arrière, nous avons foncé et profité de l’effet venturi et du courant causés par le canal du Bordelais.


Dans la baie, mouillage de rêve. Eau transparente, plage de sable blanc et cocotiers… Contrairement aux iles Perlas du Panama, il n’y a ici pas de méduses, on saute directement dans l’eau à 30ºC, quel bonheur !!


Un après-midi de farniente dans un décor de rêve. On oublie tout, on se relaxe. Les bureaux, le bruit, la France et l’agitation de la civilisation sont à des années lumière de Tahuata…


Fin d’après-midi, on prépare le bateau pour le départ. Au programme, 70 milles de navigation de nuit, direction le nord-ouest et les Marquises du nord, pour l’ile d’Ua Pou.

Ua Pou, avaries et fêtes à la marquisienne

Du 7 au 9 mai 2010


Quand nous sommes arrivés au petit matin sur Ua Pou, nous avions l’impression d’être maudits. Je me sentais personnellement très fatigué de la nuit passée à naviguer, entre le quart de nuit, la gite et les vibrations du bateau dues à notre allure. Bref - une nuit difficile, et une arrivée sur Ua Pou sans trop d’entrain et d’énergie.


Première avarie : en empannant pour entamer le dernier bord, la manille qui tient l’écoute de grand voile au cockpit se pète sauvagement. Nous devons tenir à la main l’écoute et la bôme tant bien que mal, avant de sécuriser le tout avec un boute. Quand on connait la force du vent et la puissance qu’il peut transmettre au matériel, on redouble d’attention.


Devant la plage du village, dans la zone apparente de mouillage, un remorqueur et une énorme dragueuse travaillent dans un bruit monstre. On est loin du petit mouillage de rêve à Tahuata…

A peine amarrés, pas le temps de se reposer, on s’attaque aux avaries qui ne manquent pas de nous inquiéter. Avant de rallier Papeete et son chantier, nous avons plus de 800 milles à parcourir (env. 1500kms), de longues journées de navigation et donc encore beaucoup d’efforts sur l’accastillage et la voilure du bateau. Après inspection de la tête de mât (attention au vertige !), on confirme le problème : la drisse en tension frotte sur une butée métallique et se cisaille. Si on continue à naviguer avec le 1er ou le 2ème ris, la drisse risque de lâcher… C’est comme si on amputait une jambe à un marathonien.


Finalement, nous décidons de couper la drisse et d’écarter les points d’usure, naviguer un peu dans cette configuration et aviser plus tard à notre dernière étape des iles Marquises, Nuku Hiva.



Après la sieste, on part se balader dans le village d’Hakahau, la 3ème plus grande des Marquises. Dans les rues, c’est le calme plat, nous sommes comme à la campagne. Les maisons sont espacées, les jardins immenses et remplis de fleurs et d’arbres fruitiers. Olivier a encore en mémoire son diner à l’arbre à pain d’Hiva Oa, et veut nous faire partager le goût de ce fruit typique de la Polynésie. Il pénètre dans une maison, parle à son propriétaire, et en quelques minutes revient avec deux mei, le fruit de l’arbre à pain.

En affalant la grand voile en entrant dans le port, on se rend compte d’une autre avarie : la drisse de grand voile est cisaillée à trois endroits différents et plus particulièrement sur le 1er ris. Et si on perdait la grand voile ??



Finalement, nous irons mouiller à l’intérieur du port, face à une jetée, plus au calme et protégés de la houle. La manœuvre n’est pas évidente: dans un espace restreint, nous devons jeter l’ancre avant et amarrer l’arrière à la terre sur un anneau et tout autour d’un socle de poteau électrique. Olivier se jette à l’eau pour aller amarrer les haussières à terre, je m’occupe du guindeau et de l’ancre avant, Fred barre et donne les instructions, Delphine fait le relais d’informations. En quelques minutes, nous sommes bien tenus face à la terre et parallèles à nos voisins, un bateau irlandais et un bateau français, le Ouistiti.

Le soir, on en fera un véritable festin ! Sur la plage, on se joint à un groupe de métros avec leurs potes marquisiens. Ils rôtissent un cochon entier, grillent des poissons et chauffent des mai à la braise. Eric, qui habite dans notre bateau voisin, le Ouistiti, repart des Marquises après un an passé sur l’ile. Tatoué sur près de la moitié du corps, il se dit malheureux de quitter l’archipel du bout du monde… A voir la fête qui a suivi, on le comprend ! Ses potes marquisiens sont tous aussi chaleureux et sympathiques les uns que les autres, ils nous parlent volontiers d’eux, de leurs coutumes et de leur vision de la vie, du monde et de la France. L’un est sculpteur, un autre soldat, l’autre chasseur. Tout en dégustant des morceaux de cochon rôti, on les écoute expliquer comment ils sont allés le chercher dans la montagne, l’ont traqué et donné le coup de grâce avec une lance fléchée…

On comprend ici une particularité remarquable des Marquisiens : ils vivent en symbiose avec la nature qui les entoure. Quand ils ont faim, ils vont tuer un cochon, une chèvre, ou une poule sauvage. Ou un poisson, dans la mer. Et quand ils en ont assez, ils laissent les animaux tranquilles dans leur milieu. Pas de surchasse, pas de surpêche pour la revente, les Marquisiens vivent au jour le jour.


On déguste nos deux fruits de l’arbre à pain, trempés dans la sauce tomate, accompagnés d’olives et de saucisses ramenées de notre frigo. En plein air, sur la plage et baignés dans cette atmosphère douce et festive des Marquises, on ne peut que se dire que la vie est belle !!

Le lendemain, balade dans les hauteurs du village, baignade et flâneries sur la plage, où nos amis de la veille trainent encore, nous proposent de partager les restes de cochon et de poulet.

L’après midi, on va assister au grand événement de la journée, un match de foot qui enverra le gagnant en phase finale à Tahiti. Résultat : match annulé à la mi-temps, un membre de l’équipe des verts est un intrus, il vient de Tahiti. Tout autour du terrain, des centaines de Polynésiens sont venus voir le match. Enfants, ados, vieux et familles entières, on a un panorama exhaustif du Marquisien typique. Bronzés, ils ont les traits clairement asiatiques, les yeux légèrement bridés, impossible de croire à la théorie qui les a fait venir d’Amérique du Sud !

Le soir, Del et moi invitons notre capitaine à un diner spectacle dans la salle des fêtes du village. Au menu, salade de crevettes, porc sauce huitre, poisson cru au lait de coco. Le tout attablés avec plus de 200 Marquisiens. Les danses ont été organisées par une famille, elles sont gentillettes et loin des danses tribales de Polynésiens tatoués et ornés de colliers d’os sculptés… L’ambiance est tout de même sympathique et populaire, nous garderons de cette soirée un agréable souvenir.


A chaque escale, on resterait bien des semaines entières… mais nous avons un programme à respecter. 48 heures après notre arrivée sur Ua Pou, nous levons l’ancre. Direction l’ile de Nuku Hiva, à 25 milles (env. 40km) au nord, notre derniere escale aux iles Marquises.

Avec Del, nous partons toute une journée faire une balade jusqu’au village voisin, Taaoa, réputé pour abriter le plus grand site archéologique de Polynésie : Upeke. La route pour atteindre le village est belle, nous longeons la côte, loin devant nous s’étirent la mer et l’horizon, nous avons du mal à croire que nous venons de tout là bas, si loin!


Sur le chemin, on traine, on admire la végétation tropicale, Del s’amuse à ramasser des petites graines rouge pétantes pour ses futurs colliers, que c’est bon de flâner dans un décor si paisible !


Le village de Taaoa est un véritable paradis tropical. Explosions de fleurs, de manguiers, bananiers, cocotiers, pamplemoussiers… Les senteurs nous enivrent de douceurs fruitées et colorées.

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Nuku Hiva, Hakatea et le jardin d’Eden

Du 9 au 13 mai 2010


La traversée d’Ua Pou à Nuku Hiva se passe à merveille. Il fait beau, la mer est peu agitée, le vent souffle à 15-20 nœuds. On se relaie à la barre, le bateau fonce à plus de 7 nœuds de moyenne, que de bonnes sensations !


Avant de rejoindre la ‘capitale’ Taiohae, nous optons pour un premier mouillage dans la baie d’Hakatea, au sud ouest de l’ile. Notre guide recommande ici une superbe randonnée de 4 heures, à ne pas manquer.

Par une passe large d’une cinquantaine de mètres, nous pénétrons dans une baie entourée de falaises immenses, rocailleuses, et parsemées d’une végétation verte et orange. L’entrée est spectaculaire. En face de nous, un petit hameau, une vallée verdoyante parsemée de palmiers s’offre à nous, des oiseaux virevoltent dans les airs, le ciel est d’un bleu pur, avons-nous atteint le paradis ?


Le lendemain matin, nous le confirmons : OUI, le paradis, c’est bien ici.

Le hameau d’Hakaui, au fond de la baie, est le point de départ de notre rando. Autour de nous, une multitude de fleurs et d’arbres fruitiers. Des petites maisons, une rivière qui coule tranquillement et que nous devons traverser à gué. Del et moi sommes au jardin d’Eden. D’ailleurs, on n’hésite pas à ramasser des fruits et à croquer dedans, il y en a plein par terre. Manguiers, citrons… Nous ne nous sentons pas pécher pour autant, le plaisir, c’est la vie, non ??

Nous passons devant une petite chapelle, le saint ne nous fait pas les gros yeux, ni le tiki, un peu plus loin, une statue anthropomorphe typique polynésienne, l’âme des ancêtres qui règnent sur la nature et la communauté.


Au retour de notre rando, on voit Olivier attablé avec deux Marquisiens sous une terrasse. Il nous fait des grands signes : ‘Venez, venez !’. Son hôte, Alex, un Marquisien aussi balaise que son cousin Michel aussi présent, nous accueille chez lui pour une dégustation de café, de fruits frais (mmmmh !) et d’alcool de banane. Une heure plus tard, on repart de chez lui avec le sac à dos rempli de fruits. Cadeau – quelle générosité !

Les deux cousins font partie des 20 habitants du hameau, qui appartiennent tous à la même famille. Leur (arrière arrière ?) grand père était le roi de la région, le chef de toute une tribu. On en apprend un peu plus sur l’histoire de l’ile, les guerres tribales, les anciennes coutumes… A deux pas d’ici, entre deux falaises, une vallée secrète où étaient cachés vieillards, femmes et enfants pendant les conflits guerriers. Dans la vallée, une multitude d’arbres à pain, pour les nourrir.


Aujourd’hui, c’est lundi, mais Alex et Michel ne travaillent pas. Ils appellent le lundi le ‘petit dimanche’, jour de repos et de transition avant d’attaquer la semaine, le mardi. Pourtant, tout le reste de leur famille travaille à la capitale, Taiohae. Eux, agriculteurs, font partie des 4 habitants qui restent au hameau la semaine, pour travailler le domaine et récolter. Les autres ne rentrent que le week end. C’est donc dans une ambiance très relaxe qu’Alex et Michel nous invitent à se la couler douce sur leur terrasse, un lundi matin.

J’ai pensé pendant un certain temps que ces agriculteurs travaillaient ‘à la polynésienne’, c'est-à-dire qu’ils ne produisaient que pour consommer (à l’image des habitants de Ua Pou qui ne chassaient que pour manger) et non pour vendre. D’où aussi leur générosité envers les étrangers : le surplus de production aurait de toute façon été jeté. Ou alors fais-je preuve de mauvais esprit ? Nos rencontres autour du monde nous ont (malheureusement) appris à nous méfier des amis trop faciles (cf. portrait de la famille Fernandez à Cuba) …


Je me suis bien trompé : quelques jours plus tard, Michel me dira exporter tous ses fruits vers Tahiti, à coups de centaines de kilos par semaine. Il existe donc un marché, une économie, et leur générosité est donc bien réelle ! Petit bémol, la production n’est pas pour autant poussée à la rentabilité maximum, même si il y a un marché, on reste tout de même en Polynésie !


Un autre cousin, Tanguy, qui vit dans une cabane dans la baie d’à côté, a deux pamplemoussiers, dont la moitié des fruits gisent sur le sol, intacts. Quand on lui demande pourquoi il ne les ramasse pas, il nous répond : ‘c’est pour donner à manger à la terre !’.

L’après-midi, à bord du bateau, nous faisons table ronde pour régler un problème d’équipage. Dans un espace si restreint, avec les conditions d’inconfort dues à la navigation, il n’est pas toujours facile de cohabiter…


L’affaire réglée, notre ami Olivier décide d’aller se dégourdir les jambes à terre pour changer d’air. 5 minutes après son départ, on entend un hurlement, des cris d’appel d’un homme qui vient de se faire très mal. Olivier vient de se prendre la main dans un oursin dont les épines sont venimeuses. Delphine passera deux heures à les lui sortir des doigts. Une belle image des deux équipiers qui se rapprochent dans la douleur…

Jeudi 7 mai au matin, nous levons l’ancre pour deux heures de nav’ et la capitale Taiohae. En tirant des bords au pré-serré, nous longeons la côte très escarpée de Nuku Hiva. L’entrée dans la baie est saisissante, au fond nous pouvons voir la longue crête des hauteurs de l’ile, les Marquises ne finiront pas de nous impressionner !


Pour nous, Taiohae ne sera qu’une étape technique. Nous changeons la drisse de grand voile contre la balancine, nous nous réapprovisionnons en nourriture et gaz, lavons du linge et nous connectons sur internet. Nous avons reçu plus d’une dizaine de messages sur notre livre d’or, nous sommes comblés !

                                                                  

Nous retrouvons aussi notre ami Jean-Louis (cf. portrait), qui nous invite à prendre l’apéro sur son bateau, l’Harmattan. Nous consommons le pastis avec modération, la bouteille de 60cl vaut ici 60€ ! Le dernier soir nous invitons l’équipage de Proximity, qui avait sauvé Olivier des oursins dans la baie d’Hakatea, et Jean-Philippe, de Cali, jeune trader polytechnicien effectuant une traversée du Pacifique en solitaire.




Jeudi 13 mai 2010, nous quittons Taiohae, faisons un saut dans la baie d’Hakatea pour se réapprovisionner en eau douce, puis repartons tranquillement vers le sud, direction l’archipel des Tuamotu à 500 milles nautiques (env. 900kms) et 5 jours de navigation.

Alex et Michel

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