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Chapitre 14 : Traversée des Marquises aux Tuamotu

L'Expédition / Trans-Pacifique / 'Chapitre 14 : Traversée des Marquises aux Tuamotu'

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Du jeudi 13 au mardi 18 mai 2010

Entre les Marquises du nord et le centre des Tuamotu, nous avons un peu plus de 500 milles à parcourir (env. 900kms), soit 4-5 jours de traversée sous les alizés. Le départ des Marquises ne se fait pas sans un certain pincement au cœur, nous avons été définitivement séduits par la beauté des iles et la gentillesse de ses habitants ! Nous ne nous plaignons par pour autant, car la traversée continue et nous avons au programme une prochaine étape de poids : l’archipel des Tuamotu, le royaume des atolls coralliens, des véritables paradis du bout du monde…


CHAPITRES :-


- Départ et réadaptation à la vie en mer

- Pétole, avarie et bouchonnage

- Arrivée magique et mouvementée sur Fakarava

  

Départ et réadaptation à la vie en mer


Au départ, nous ne sommes  pas des plus rassurés, la météo annonce une période de calme en plein dans notre zone : 10 nœuds de vent au départ, puis 5, puis zéro (…pétole comme on dit), avec des vents multi directionnels et donc pas très prévisibles. Aussi nous n’avons pas pu faire le plein de diesel à Nuku Hiva, la pompe de l’ile étant sèche jusqu’au prochain ravitaillement une semaine plus tard.


Nous partons donc avec la consigne de ne pas trop utiliser le moteur, juste pour recharger les batteries et les manoeuvres d’urgence. Une précaution raisonnable, bien que nos calculs tendent à prouver que nous avons encore beaucoup de diesel (au moins 100 litres, soit 50h de moteur).

Le jeudi 13 mai 2010, nous quittons Nuku Hiva vers 15h00 depuis la baie magique d’Hakatea où nous sommes allés faire le plein d’eau douce. Avec 10-15 nœuds de vent, nous filons au travers toutes voiles déployées.


Devant nous, plusieurs jours de mer sans terre ni escale, nous allons retrouver l’ambiance de la grande traversée, les longues journées entourés d'eau, de néant, la distance et l’espace temps déformés. Nous ne sommes plus que 4 à bord et réorganiserons nos nuits en quarts individuels pour augmenter les temps de sommeil. Del prend le quart de 19h à 22h, moi de 22h à 01h00, Fred de 01h00 à 04h00, et Olivier de 04h00 à 07h00.


Les premières 24h, nous faisons une bonne moyenne : 145 milles parcourus, soit plus de 6 nœuds de vitesse. A cette allure, nous atteindrons les Tuamotu en à peine plus de 3 jours !


Le vent adonne (s’écarte de l’axe du bateau), nous passons en vent arrière et mettons en place le tangon, les voiles en configuration ciseaux.

Fichier météo pris aux iles Marquises

L’équipage est un peu fatigué, la réadaptation aux conditions de vie à bord est progressive, les quarts de nuit pèsent et la navigation n’est pas toujours de tout repos ! Delphine a personnellement un petit coup de blues. Elle se sent loin de sa famille, et l’idée de ne pas la revoir avant de reprendre le travail en septembre en Australie l’inquiète. Nous n’avons aussi pas été en contact vocal avec la France depuis plus de 5 semaines, quand nous sommes partis des iles Galápagos en Amérique du Sud. Le décalage horaire est passé à -12 heures, nous sommes à des dizaines de milliers de kilomètres, sur un petit bateau à voile au plein milieu de l’océan. Le dépaysement est total, l’éloignement aussi !!


Notre capitaine tente de nous rapprocher de la maison en nous coupant quelques tranches de saucisson et en cuisinant des pates à la sauce roquefort, quel plaisir de redécouvrir ces saveurs trop longtemps enfouies dans nos mémoires !

La mer a en fonction de son humeur toujours plusieurs visages...

Pétole, avarie et bouchonnage


Samedi soir, après deux jours de navigation, le vent commence à tomber. Nous entrons petit à petit dans la zone de calme prévue par la météo. Les voiles se mettent à claquer, la bôme tape, nous sommes contraints de passer en mode moteur pour avancer et éviter de fatiguer le matériel. Nous ponctuons les nombreuses heures moteur par des petites coupures de silence, redéployons les voiles quand le vent passe au dessus de 6 nœuds. Un bon moyen pour se reposer les oreilles et économiser du gazole.


Dimanche 16 mai, 16h00, nouveau coup dur : on entend le moteur toussoter et soudainement baisser de régime. On essaie d’accélérer, en vain, le moteur cale. Petite réunion sur le pont : comment analyser cette nouvelle avarie ?? On se lance dans des calculs de consommation, allons écouter à la porte du réservoir, inspectons l’état général visuel du moteur… Après maintes hypothèses et analyses, on en vient à la conclusion que nous sommes tombés en panne d’essence. Nouvelle directive : restriction de la consommation d’électricité au strict minimum, pas de moteur pour avancer, nous devons garder nos 40 litres de gazole restants pour la passe de l’atoll de Fakarava, encore à plus de 170 milles (env. 300kms) du bateau.


Problème : il n’y a pas de vent !! Les voiles claquent à nouveau, nous sommes impuissants face à ce mini pot au noir, le capitaine prend la dure décision ultime : bouchonner, soit dériver au bon gré de la mer et des courants.

Une requête météo via téléphone satellite nous donne un peu d’espoir : le vent devrait se rétablir dans les 18 prochaines heures, au petit matin ou dans la matinée. Patience, donc.


Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le bouchonnage est très inconfortable. Le bateau roule, tout dégringole à l’intérieur, la cuisine redevient un sport de l’extrême, nous somme encore comme dans un super shaker.


Après une nuit relativement calme, le vent se lève tout à coup le matin. Les alizés sont de retour, ca souffle déjà à 10-15 nœuds. La mer est houleuse, nous remontons le vent au pré-serré, nous passons brusquement en mode navigation de compet’ ! L’atoll de Fakarava n’est plus qu’à 120 milles, nous prévoyons notre arrivée pour le lendemain vers midi, à l’heure supposée d’étal de marée haute.


La nuit, nous nous faufilons entre les atolls d’Aratika et de Kauehi. Pendant mon quart de nuit, je ressens un grand moment de bonheur, de liberté, je jubile seul à naviguer et régler le bateau pendant que tout le monde dort. Ambiance paisible et sereine, éclairé par la lune et les étoiles, entouré de cette d’eau qui s'étend à l'infini.

Séance d’écriture dans le cockpit

Arrivée magique et mouvementée sur Fakarava


Le matin, vers 08h00, nous voyons le ‘terre’ se dessiner au loin.


L’approche sera pour tout l’équipage un grand moment. On oublie soudainement toutes les contraintes de la navigation, nous sommes absorbés par la beauté qui nous entoure et l’excitation d’arriver à destination. Tout le monde est dans le cockpit, on sort les jumelles, on discute les pronostics d’arrivée et de passage dans la passe.


Le ciel est d’un bleu pur, l’eau du Pacifique d’un bleu clair et profond, les plages et cocotiers de l’atoll sont dans ce paysage resplendissants de sauvage et de beauté. Les Tuamotu sont l’un des plus beau coins de la planète, il n’y a pas de doute…

Notre prochain challenge est de rentrer à l’intérieur du lagon, de passer la barrière de corail par la passe nord heureusement assez large. Etant donné les forts courants de marée et d’ensachage (le lagon se remplit par les vagues qui franchissent la barrière de corail par temps de houle ou de vent, puis se vide par les passes en créant de forts courants), nous devons faire preuve d’une grande vigilance.


Première difficulté : nous arrivons en pleine marrée descendante, à 3 heures de l’étal quand le courant est à son maximum…. On avance donc prudemment vers la passe, ne nous affolons pas devant les mascarets (vagues/remous) que nous voyons tourbillonner au loin devant la passe.


Je prends la barre, Oliv est au Geonav (GPS avec carte marine électronique), le capitaine est aux commandes et Delphine en reporter photo. A l’approche des mascarets, on doit déjà combattre 1.5 nœuds de courant en contre. C’est déjà trop pour prendre le risque d’aller plus loin dans le bouillon, nous rebroussons chemin.

Cinq minutes plus tard, attiré par le lagon et le désir d’arriver, le capitaine décide de repartir en repérage dans la passe. Très vite nous nous retrouvons dans le bouillon, mais arrivons à stabiliser le bateau malgré le courant sortant et les vagues mascarets. Allez, on est dedans, on va jusqu’au bout ! L’équipage en entier jubile, la traversée de la passe est une véritable aventure, nous sommes tous excités de dompter la mer qui tourbillonne dans tous les sens.


Comme pour ajouter du piment à notre traversée, surgit de nulle part notre deuxième difficulté : en plein milieu de la passe, le moteur se met à toussoter, puis cale !! Le capitaine se précipite dans le bateau pour actionner la pompe manuelle d’injection et pomper pomper pomper pour redémarrer et alimenter le moteur. Je jette un coup d’œil sur le Geonav et pense halluciner : nous sommes en train de reculer alors que notre vitesse sur l’eau est toujours positive de 3 nœuds !! Le courant sortant est puissant et nous expulse vers le large…

Heureusement très vite le moteur redémarre, et grâce au pompage continu du capitaine ne cale plus. En moins de 20 secondes, nous avons reculé de 200 mètres !!


Ce n’est donc pas sans adrénaline et des frissons que nous sortons victorieux de la passe. Bientôt le bateau vogue sur l’eau plate du lagon. Le courant diminue jusqu'à s’arrêter, nous pouvons maintenant filer jusqu’ à notre mouillage, à quelques milles, devant le petit village de Rotoava.

Notre trajectoire dans la passe sur le Geonav

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Aperçu de notre séjour à l’intérieur du lagon de Fakarava : idyllique

Un autre bateau nous croise apres la passe

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