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Chapitre 17 : Maupiti, la petite ile sous le vent

L'Expédition / Trans-Pacifique / 'Chapitre 17 : Maupiti, la petite ile sous le vent

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Du mardi 08 au samedi 12 juin 2010

L’ile de Maupiti est un petit joyau du Pacifique. A l’extrémité ouest de la Polynésie Française et dans l’archipel des iles de la Société, Maupiti nous a séduits par son éloignement et sa beauté sauvage préservée. L’ile est petite – on en fait le tour en une heure en vélo – et quasi inaccessible pour les voiliers qui doivent affronter des courants très forts et des mascarets dans la longue passe. Les masses touristiques restent concentrées sur Bora Bora, 50 kms plus à l’est, et l’on voit finalement que très peu de touristes venir à Maupiti qui ne contient que des pensions familiales.

On se sent à Maupiti au bout du monde, loin de tout, sur un petit bout de terre perdu au milieu de l’océan.


Cette sensation d’éloignement mêlée à la quiétude et la tranquillité de vivre qui règne sur l’ile et son lagon nous ont plongés dans un monde à part où nous avons pu pleinement nous ressourcer et vivre quelques instants de vie polynésienne.


Nous avons séjourné à Maupiti 5 jours, dans une petite pension nichée au nord-est de l’ile, près d’une petite plage de sable blanc et en face d’un long motu, accessible à  pied par 1m de fond.


A Maupiti nous avons rencontré plusieurs personnages, qui par leur vie et leur personnalité nous ont plongés dans l’Histoire et les coutumes de l’ile. Pour cet article j’ai choisi de raconter nos expériences à travers celles que nous avons vécues lors de nos rencontres :

  

Ui, l’indépendance et la légende polynésienne


Ui est un fier défendeur de l’ile de Maupiti, de son origine et de sa place dans le monde polynésien. Ui – ou ‘maîtrise’ en tahitien -  a des allures de vieux sage. Il parle lentement, mais surement, et a l'air de tout comprendre et de savoir.


Ui, après avoir travaillé de longues années au centre d’expérimentation nucléaire à Mururoa, a ensuite travaillé pour des sociétés de construction qui l’ont mené jusqu’en Nouvelle Calédonie, avant de revenir vivre sur son ile, Maupiti, ou la terre des rois et des ancêtres. Entres autres activités, il gère maintenant sa pension familiale, qu’il va bientôt agrandir d’un restaurant. Son principe, accueillir les étrangers indifféremment de leurs moyens, et leur faire découvrir toutes les beautés de son ile et son pays. Il nous propose de nous héberger à prix d’ami, et nous offre même le diner chaque soir.


Pendant chacun de nos repas, Ui nous conte les vieilles histoires de l’ile, celles où les futurs rois de Polynésie étaient formés puis envoyés dans les différents archipels du Pacifique pour gouverner. Lui-même descend d’un ancien roi, tout comme beaucoup d’autres habitants de Maupiti d’ailleurs, qui ne constituent en fait qu’une grande famille.

Ui est convaincu que la Grande Polynésie sera bientôt indépendante (dans les 10 ans à venir) tout comme elle l’était au temps des rois et de la grande civilisation du Pacifique, regroupant l’actuelle Polynésie Française, la Nouvelle Zélande, Hawaï et l’ile de Pacques, les Fidji, Samoa, Tonga etc… Il vient même à nous parler du grand exode, du moment où les israélites son venus peupler l’Asie, puis le Pacifique. Il nous parle aussi de la bible, de l’arche de Noé et se plonge dans des lectures interminables, comme pour nous faire comprendre que l’identité de son peuple était sacrée, son histoire écrite depuis le début des temps et son futur tout tracé.


Dehors, il me montre les étoiles, et m’explique comment sur les pirogues les Polynésiens s’orientaient grâce aux étoiles et constellations. Si tu suis cette étoile, tu iras à l’ile de Pacques, si tu suis celle là, tu iras jusqu’en Nouvelle Zélande !!

On essaie un peu de parler de la France, de leur présence en Polynésie et de leur impact sur l’économie. Selon lui la France n’apporte rien du tout, ni même les 10 ou 15 milliards de francs de budget annuel, qui disparaissent soit disant dans les poches de quelques uns.


Selon Ui, l’économie polynésienne ne tient que grâce aux Polynésiens, qui font vivre le pays mais aussi assurent l’aide sociale. Ui nous avoue d’ailleurs (sans complexe) bénéficier du ‘fei’ – le fond d’entraide des iles – qui construit gratuitement des maisons pour ceux dans le besoin. Pour y avoir droit, rien de plus simple, il suffit de vider son compte en banque et prouver ne pas être salarié, puis se munir du catalogue du fei et choisir sa maison. Il me montre le catalogue et me pointe le modèle qu’il avait choisi pour sa maison. Incroyable !

Vue sur le lagon et la haute mer depuis une petite crête de l'ile

Paradoxalement, Ui possède des terres qu’il a héritées de ses ancêtres. Il a prêté certaines d’entres elles à des familles (neveux, nièces, etc..) et les autorisent à les exploiter, comme notamment récolter les fruits, légumes et le coprah. Ui nous dit fièrement que ‘sans rien faire’ chaque famille peut vendre par mois deux tonnes de coprah (chair de coco séchée vendue à Tahiti pour la confection de monoï et d’autres produits cosmétiques) à 160 CFP le kilo, soit 320 000 CFP ou 2 500€… A croire que le coprah vaut de l’or !! Mais ce qu’Ui manque de nous mentionner, c’est que le cours international du coprah n’est qu’à 30 CFP le kilo, et que la France subventionne les 130 CFP restants pour maintenir son économie !

Avec Ui, chez lui

Il nous vante beaucoup d’aspects glorifiants de la Polynésie, mais prudemment je pends beaucoup de recul par rapport à ses paroles, Ui est un fervent défendeur de son pays, un pur indépendantiste, et a de fait tendance à ‘exagérer’.


Cela n’empêche pas Ui d’être brillant. Il a monté avec sa famille une entreprise de construction qui a notamment bâti le Club Med de Bora Bora. Il a aussi récemment reçu une commande de son beau frère (qui s’avère être le prochain roi de tout le Pacifique réuni, rien que ça), qui a besoin d’une pirogue pour se déplacer. Ui a été chargé de faire les plans de cette pirogue.


Par toutes ces histoires je me sens un peu dépassé, je ne sais plus quoi croire ni penser. D’un côté Ui parait appartenir au top de la hiérarchie polynésienne, mais d’un autre côté ses histoires paraissent surréalistes et trop marginales par rapport à la vision commune. Quand il me dit que bientôt le Pacifique ne sera qu’un seul peuple, je ne peux m’empêcher de penser à ‘Dion, le savant fou’, ce sud africain du Cap qui nous avait confié qu’il venait de faire une découverte scientifique révolutionnaire et qu’il allait bientôt recevoir un prix Nobel (cf. portrait de Dion).


A côté de ça Ui nous a bien accueilli, et nous a régalé de ses petits plats : poisson cru à la tahitienne, espadon au coco, thon en papillote, sauté de bœuf aux légumes… Comme un grand père, il s’est occupé de nous en nous faisant plaisir. Et sa compagnie, bien qu’un peu marginale, a été somme toute intéressante et agréable !

En haut, des pêcheurs reviennent du large et vident les poissons avant de débarquer. A droite, des enfants ramassent des graines pour les manger – ils nous en donnent une grosse poignée. En bas, l'espace où les ancêtres reposent, devant la maison comme de coutume à Maupiti...

Robinson, le rosbeef tout simplement polynésien


Quand j’ai vu Robinson pour la première fois, j’étais persuadé que c’était un popaa, un ‘blanc’ étranger depuis peu installé dans les iles. Robinson me fait penser à un anglais des quartiers est de Londres, je l’imaginais bien dans un pub la pinte à la main commentant avec un accent cockney les matchs de foot sur le petit écran. Des gars comme Robinson, j’en ai vu des centaines et des centaines quand j’habitais encore l’Angleterre…


Alors que nous étions coincés sur l’ile, Robinson nous propose de nous emmener en bateau, en face sur le motu où il habite. Il nous propose de nous installer sur la plage devant chez lui, et quelques minutes après notre arrivée vient nous offrir une noix de coco fraichement découpée de son jardin. Alors qu’au début Robinson ne devait nous rendre qu’un petit service de transport, il nous accueille maintenant comme ses hôtes.

Il sort son ukulélé, vient s‘asseoir à côté de moi puis commence à gratouiller. Robinson est complètement détendu, relaxe au plus possible, pas de doute c’est un véritable Polynésien !! La vie des iles dans toute sa splendeur. Il commence à me parler, me raconte sa vie. Sa grand-mère est anglaise, mais tout le reste de sa famille polynésienne, il n’a jamais quitté les iles et pour lui l’Angleterre n’est qu’un pays lointain comme les autres. Marié à une tahitienne de Maupiti, il a 3 enfants dont les gênes ont aussi joué de drôles de tours : ils ont tous des couleurs de peau différentes, la fille est blonde aux yeux bleus et le dernier parait être un pur polynésien. A se demander si il est bien le père de ses 3 enfants !


Nous passons toute l’après midi sur le motu, un véritable havre de paix où l’on profite du lagon et de ses poissons, la plage de sable blanc, les vues magnifiques sur l’ile de Maupiti. Et dire que cet environnement fait partie du quotidien de Robinson et sa famille, on comprend pourquoi Cruzoe n’a pas cherché à s’échapper !

Sur le motu de Robinson

Au fond, les 3 enfants de Robinson. Devant Del et Laurence, une amie touriste

Goliath, le planteur de vanille


Leurs noms étaient trop compliqués pour qu’on s’en rappelle, appelons les donc Goliath et le fils de Goliath. Attirés par une odeur de vanille, on frappe à la porte de leur maison et leur demandons si le champ de vanille que l’on a vu de l’autre côté de l’ile est bien le leur. Cinq minutes après, nous nous retrouvons dans la voiture de Goliath et son fils, en direction de la plantation pour une visite improvisée. Ils sont tous les deux supers balaises, au moins du 150 kilos pièce. Pourtant c’est bien eux qui manipulent les orchidées de vanille avec attention, réalisent les mariages qui donnent naissance aux fameuses gousses. Goliath et son fils sont à l’image des Polynésiens, très sympathiques, ils n’hésitent pas à consacrer de leur temps pour nous présenter leur travail et répondre à nos questions sur leur vie. En plus de la vanilleraie, ils s’occupent aussi du coprah, et vont de temps en temps pêcher au large du gros poisson. On sent la tranquillité de vivre dans leur allure penaude, Goliath et son fils sont des gens simples mais heureux.


Deux jours plus tard, Del fera rire Goliath aux éclats, quand impromptuement elle re-frappe à sa porte pour essayer de troquer ses cigares cubains contre des gousses de vanille… Goliath ne fume pas, mais il est mort de rire et accepte l’échange, pour rigoler.

Des pastèques aux cocos, en passant par le tiaré et les gros poissons de la haute mer, Maupiti regorge de vie et de ressources naturelles. Nous avons vu à Maupiti un beau visage de la Polynésie, où les gens vivent heureux et dans la sérénité. Un véritable paradis du bout du monde… que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

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Maupiti vue de Bora Bora