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Chapitre 8 : Désillusion, attente, et nouveau souffle

L'Expédition / Trans-Pacifique / 'Chapitre 8 : Désillusion, attente, et nouveau souffle'

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Du 20 fevrier au 19 mars 2010

Avant la nuit, un beau coucher de soleil se reflète sur l'eau

Mardi 9 mars 2010, plus de deux mois après avoir embarqué sur le bateau Tin Hao, nous levons l’ancre pour quitter les côtes du Panama. Apres l’incident du 19 février, c’est notre deuxième tentative pour rejoindre les Galápagos. Je ressens à ce moment un énorme soulagement, heureux d’enfin quitter ces terres où nous avons vécu de drôles d’expériences.


Pendant ce dernier mois à Panama, nous avons beaucoup souffert de la longue attente, des galères à répétition, de ce sentiment pesant de statisme et d’enlisement. Ancrés dans la vase du mouillage de Playita ou amarrés aux bouées de la marina du Balboa Yacht Club, le bateau pour nous était plus une prison qu’un instrument de liberté. La haute mer, la navigation, la Polynésie nous paraissaient tellement loin… et avec le temps qui passait, de plus en plus inaccessible ! L’argent qui sort du compte en banque, des tensions dans l’équipage qui prennent de plus en plus d’ampleur, on a le sentiment de lutter pour ne pas perdre espoir.

Ce mardi 9 mars, une lueur d’espoir renait. Nous sommes enfin sur le (re)départ. Le bateau est réparé, l’équipage est prêt pour repartir et enfin partager de la navigation  plutôt que des galères et des frustrations. A 13h, nous avons fini de remplir les réservoirs d’eau potable, et tranquillement nous nous éloignons du canal, de la baie immense de Panama surplombée des ses dizaines de tours, puis enfin des côtes pour ne voir plus que de la mer.


La traversée commence doucement, le vent de force 3 nous pousse gentiment au grand largue, nous sommes confortablement installés sur le pont à discuter et apprécier la mer. Delphine surprend même le dos d’une baleine. Vogue-t-on enfin vers la liberté ?

Nous passons l’ile de Taboga, et face à la mer sans obstacle, Jacques décide de lâcher la barre et de mettre le régulateur d’allure en marche pour tester le nouveau safran. L’essai est (presque) concluant : le bateau zigzague un peu, mais arrive tout de même à garder son cap. Le capitaine est soulagé, et dans un élan de joie se dégote une bière pour célébrer et remercier les dieux. Par-dessus bord, il verse une goutte pour Neptune, une pour Eole, une pour Tin Hao, puis une pour…. Sandino, le menuisier panaméen qui a construit le nouveau safran. Il se prend une bonne gorgée pour lui, puis satisfait va s’assoir sur le pont pour entamer son déjeuner. Cinq secondes plus tard, une petite secousse fait partir la canette de bière à la renverse… Le jus frais de houblon s’écoule sur le pont. Et MERD&*$% !, un mauvais présage ????


Douze heures après le départ, en pleine nuit, un événement brutal baigné d’un sentiment de déjà-vu s’abat sur nous. Depuis ma cabine, j’entends des voix, de l’agitation. Je sors pour voir ce qui se passe, et j’entends des paroles qui m’assassinent. Le safran auxiliaire vient de péter. Le capitaine crie demi-tour, on retourne à Panama, cette fois ci je fais le travail de réparation moi-même et j’ai besoin de UN MOIS… Avec Del il ne nous faut pas longtemps pour comprendre l’impact de ce nouvel événement dans nos projets... l’aventure TRANS-PACIFIQUE est finie.


L’esprit en détresse je prends mon quart de nuit. Del s’en va dans la cabine dormir. Les deux heures suivantes j’essaie de garder mon esprit déconcentré pour ne pas déprimer, mais je n’y arrive pas. Je me dis que nous sommes maudits, que vraiment nous n’avons pas de chance, que tous nos efforts ont été vains. Que les deux mois que nous venons de passer à Panama à aider, faire le carénage, attendre, absorber les frustrations, attendre et attendre n’auront finalement servis à rien… Derrière s’écroulent 6 mois de préparation, de rêve et d’excitation…


Le lendemain, je me lève le moral à zéro. Le bateau avance toujours, sur le chemin du retour. Nous atteignons les iles Perlas vers midi, jetons l’ancre avant que tout le monde aille se recoucher, épuisés moralement.

 

Trois jours plus tard, le samedi 13 mars, après avoir papillonné sans motivation dans l’archipel des Perlas, nous sommes de retour dans la baie de Panama, sur le mouillage de la Playita, face à la grande muraille grise des tours du centre ville.


Le moral est encore très bas. Delphine a beau me dire que tout va bien, nous sommes en bonne sante etc. etc., mais rien n’y fait je n’arrive pas à rejeter ce sentiment d’échec qui m’envahit. 


Pendant un certain temps, j’ai cru que ma bonne étoile m’avait quitté.


Nous nous donnons une semaine pour réfléchir à la suite des événements. A contre cœur nous regardons les prix de billets d’avion, les différentes options d’itinéraire. Bientôt nous nous faisons vite à la raison que la Polynésie en routard, ce n’est pas possible. Pour voyager en Polynésie, entre Tahiti, les Marquises et les centaines autres iles et atolls, il faut être soit sur un bateau soit plein aux as. Nous arrivons à accrocher un marin qui pourrait nous embarquer de Tahiti vers la Nouvelle Calédonie, mais qu’à partir de fin juillet. Le billet d'avion pour Tahiti coute cher, et qu’allons nous faire avant juillet ? Hors de question de rester en Amérique Centrale, nous voulons tourner la page !!!


Il ne nous reste plus qu’une option : prendre l’avion pour la Nouvelle Zélande, y séjourner un petit temps avant de rejoindre Nouméa et la famille, puis reprendre le boulot en Australie plus tôt que prévu.


Bye bye donc à notre rêve de bateau, de mer, d’immensité, de liberté… Bye bye la Polynésie, les atolls, les perles, les poissons, les polynésiens…

Bien qu’avec Delphine nous nous refusons d’y croire, une lueur d’espoir subsiste. Nous avons répondu à une annonce d’un capitaine cherchant un ou deux équipiers pour l’accompagner dans le Pacifique… Départ fin mars, depuis le Costa Rica, pays voisin du Panama. On le contacte biensur de suite, et nous nous rongeons les ongles devant notre boite mail toujours vide. Pour ne pas retomber de haut et vivre une nouvelle déception, on se plonge déjà de la Nouvelle Zélande.


… attente … attente … attente …


L’explosion. La libération. Mercredi 17 mars après midi, dans un cyber café du centre commercial d’Albrook, une quinzaine de têtes se tournent vers nous quand nous laissons exploser noter joie devant cet email tant attendu… Nous sommes recrutés !!!!!!!!!!!!


Je souris et je remercie les dieux. Ma bonne étoile est toujours là, elle ne me quittera donc jamais. Tout rendre dans l’ordre, enfin. Justice est faite, nous méritons tant de continuer cette aventure !!!!


Au final, au delà du hasard et des choix que nous avons dû faire, c’est bien le destin qui a parlé pour nous tous : l’aventure entre Loladel et le Tin Hao n’était pas possible. Notre avion du Mexique manqué le 1er janvier, le retard d’un mois de la femme du capitaine, les deux casses répétitives du safran en cours de route, les colères incontrôlées du capitaine, et enfin ce bateau venu mouiller à côté de nous le jour où on se quitte, au nom étrange de ‘Turn the Page’ …